1 (293)Le 14/03/2013.

Nom scientifique : Phoenicopterus ruber ruber

Synonymes : Flamant de Cuba, Flamant des Caraïbes, Flamant rouge.

Classe : Oiseaux

Ordre : Phoenicoptériformes

Famille : Phoenicoptéridés

Description : aspect typique, avec un bec, un cou et des pattes très longs. Plumage à dominante rose très soutenue, quasiment rouge. Les deux sexes ont le même plumage, mais le mâle est un peu plus grand que la femelle. Bout des ailes noir (surtout visible en vol), iris jaune pâle, bec courbé rosé avec l'extrémité noire. Pattes rose pâle avec les jointures plus foncées, terminées par des pieds palmés munis de trois doigts antérieurs et d'un petit doigt postérieur.

Les jeunes sont gris-blanc avec les ailes et la queue brunes et les rémiges noires, leur plumage devient progressivement rose (ils acquièrent définitivement leur livrée adulte entre 3 et 5 ans).

C'est le plus grand Flamant d'Amérique, et le deuxième plus grand du monde (le Flamant rose Phoenicopterus roseus qui vit en Europe, Asie et Afrique est encore plus grand). C'est également le plus coloré des Flamants.

Longueur : 55 à 63 cm.

Hauteur : 1,20 à 1,45 m.

Envergure : 1,4 à 1,65 m.

Poids : 2,1 à 4,1 kg.

Durée de vie : 25 ans en moyenne et record de 44 ans (dans la nature ; toutefois la mortalité des jeunes est élevée, jusqu'à 30% dans la première année) ; 30 ans en moyenne et record de 75 ans (en captivité). Le titulaire du record est (était ?) un pensionnaire du Zoo d'Adélaïde en Australie.

1 (2663)Le 19/09/2015.

Aire de répartition : Antilles, Amérique centrale, Nord de l'Amérique du Sud (Colombie, Venezuela, Guyanes et Nord du Brésil jusqu'à l'estuaire de l'Amazone), îles Galapagos ; occasionnellement présent sur les côtes Sud des Etats-Unis. Présence occasionnelle aux Antilles françaises.

Habitat : estuaires, lagunes, marais salés, lacs (souvent salins ou alcalins).

Comportement : cet oiseau effectue des déplacements nomades de courte distance (quelques centaines de kilomètres au maximum), sans être un "vrai" migrateur : il se rassemble en des points souvent très localisés pour se nourrir et surtout se reproduire. Ses rassemblements lui offrent une protection contre les prédateurs et de meilleurs succès de reproduction (bien qu'en retour, ils soient plus sensibles aux épidémies).

Ils passent la plus grande partie de leur temps à s'alimenter, à se nettoyer et à se reposer. Ils se nourrissent en pataugeant la tête dans l'eau, tenant le bec horizontalement avec l'extrémité pointant vers l'arrière, et remuant la vase avec leurs pieds palmés pour faire ressortir leurs proies.

Le comportement des Flamants en groupe est très complexe, ce qui en fait un des oiseaux les plus sociaux : ils utilisent une gestuelle variée et de nombreux bruits pour interagir entre eux (bavardage rapide pour les bandes qui s'alimentent, sons claironnants en vol, grognements pendant les parades...). Cependant chaque Flamant défend son territoire lorsqu'il recherche de la nourriture, intimidant ses congénères par des postures tendues puis des coups de bec si cela ne suffit pas. Les comportements d'intimidation et d'agression existent aussi de la part des parents lorsqu'ils protègent leurs jeunes, et aussi même dans les rituels de parade amoureuse.

Ils recherchent aussi des sources d'eau douce pour boire, dans ce cas ils ne font pas preuve de territorialité.

Les Flamants volent en très grands groupes en forme de V ou de diagonale, le cou et les pattes tendus, en se répondant par des cancanements forts et claironnants ; ils atteignent une vitesse élevée (50 à 60 km/h). Ils peuvent s'envoler et se poser sur terre comme dans l'eau. Le vol est de type battu avec quelques glissés.

Habitant souvent en milieu hypersalin, ils ne sont pas exposés à beaucoup de prédateurs, seulement quelques espèces charognardes et opportunistes comme les Vautours et les Goélands, plus rarement les grands reptiles (Crocodiliens) et certains mammifères (Ratons laveurs, Margays, Renards gris, Jaguars...) ; l'Homme les chasse parfois, mais assez peu souvent.

Les Flamants ont probablement un rôle important dans l'écologie des milieux aquatiques, en régulant les peuplements de petits invertébrés et d'algues, mais aussi en contribuant à l'oxygénation de l'eau et au brassage des sédiments par leurs mouvements.

1 (12103)Le 24/04/2018.

Alimentation : omnivore, un Flamant se nourrit de divers organismes animaux et végétaux trouvés dans les sédiments (micro-organismes, vers, mollusques, crustacés, insectes et larves, petits poissons, algues, graines et plantes supérieures). Toutefois ils ont besoin de petits crustacés (Artemia salina) riches en pigments caroténoïdes pour garder leur couleur rouge. Ils avalent parfois de la boue (qui contient des oligo-éléments et des micro-organismes), du sable et des cailloux (pour faciliter leur digestion). Ils boivent de l'eau douce (quand ils y ont accès) ou bien de l'eau de pluie.

1 (15015)Le 13/01/2019.

Reproduction : bien qu'ils se rassemblent en très grands groupes, les Flamants rouges sont monogames et fidèles, ne changeant de partenaire qu'à la mort de leur conjoint. Seuls les oiseaux ayant revêtu leur plumage adulte sont autorisés à se reproduire (tenue correcte exigée !!!). La recherche de partenaire se fait selon une parade complexe exécutée en groupe, incluant des salutations, des appels et des danses répétés, ainsi que des sortes de grognements. La reproduction se fait généralement à la saison la plus chaude (fin du printemps et début d'été), quand la nourriture est la plus abondante.

Le mâle et la femelle édifient ensuite un monticule de boue de 30 à 40 cm de haut et de 50 cm de large, parfois agrémenté de plumes ou d'un peu de végétation, dans lequel un oeuf unique est déposé (très rarement deux, mais même dans ce cas un seul poussin éclot). L'oeuf est blanchâtre et de la taille d'un pamplemousse, avec une coquille à l'aspect crayeux, il est couvé pendant 27 à 32 jours, alternativement par les deux parents, qui ont alors les pattes pliées sous le corps. Les parents communiquent avec le poussin par des cris alors même que ce dernier est encore dans l'oeuf !

Le poussin pèse de 85 à 102 grammes : il est qualifié de "semi-précoce" (couvert de duvet et capable de voir, mais ne pouvant s'alimenter seul et restant dans le nid pendant les 5 à 8 premiers jours de sa vie). Ensuite, les poussins se rassemblent dans des "crèches", où ils continuent à être nourris par les parents jusqu'à ce qu'ils volent (entre 65 et 90 jours). Les parents sont capables de localiser à la voix leurs propres jeunes dans la crèche, bien que celle-ci peut compter des milliers de poussins (et le poussin peut reconnaître ses parents au cri, jusqu'à 100 mètres de distance) ! Les parents ne nourrissent que leur propre poussin, aussi un poussin orphelin est-il condamné à la mort, aussi la communication entre les parents et le jeune est d'une importance vitale. Le poussin est nourri d'une sorte de "lait de jabot" (un aliment liquide prédigéré, dont la composition est proche de celle du lait des mammifères !!!) très nourrissant et de couleur rouge que produisent les parents.

Il n'y a qu'une couvée par an. Les vieux nids sont souvent réutilisés d'une année sur l'autre.

Les jeunes peuvent se reproduire dès l'âge de 1 an mais ils le font généralement beaucoup plus tard (généralement entre 3 et 6 ans).

Statut IUCN : préoccupation mineure

Menaces et protection : l'espèce n'est pas menacée et ses effectifs (estimés entre 225.000 et 325.000 individus dont la moitié sur l'île de Cuba) sont en augmentation, après avoir connu une baisse au milieu du 20ème siècle et probablement avant (époque précoloniale et coloniale), période pendant laquelle il a déserté les sites les moins bien protégés comme dans les petites Antilles. Quelques populations sont en effectifs très réduits comme celle des îles Galapagos (435 à 500 individus, avec une tendance néanmoins stable).

Dans les DOM, le Flamant rouge est considéré comme une espèce disparue (en tant que nicheuse) en Guadeloupe mais non-menacée en Guyane.

Toutefois les colonies, qui sont généralement localisées, demeurent sensibles à des événements accidentels comme les tempêtes et ouragans, les pollutions (accidentelles ou chroniques), les épidémies mais aussi les dérangements (par les pêcheurs, les touristes voire les ornithologues et les photographes animaliers).

L'espèce est présente dans plusieurs aires protégées, les grandes étant meilleures pour sa conservation que les petites, car elles peuvent procurer davantage de lieux de substitution en cas d'accident. Les plombs de chasse, très polluants, sont interdits dans plusieurs pays (le Mexique notamment). Elle bénéficie d'actions de recherche et de protection coordonnées à travers les nombreux pays où elle vit.

Elle est inscrite à l'annexe II de la Convention de Washington ou CITES, ce qui signifie que son commerce est réglementé.

Les Flamants de Cuba sont très nombreux dans les parcs zoologiques à travers le monde (rien qu'en Europe, 109 zoos en présentent dont 17 en France en juin 2020, selon Zootierliste). Ils s'y reproduisent souvent.

1 (145)Le 21/02/2013.

Au Zooparc de Beauval : un très fort groupe (env. une centaine) vit dans un étang agrémenté d'une île, proche de l'entrée. Quelques-uns sont également présentés sur l'île à Pélicans, située non loin. Reproduction : très régulière :

  • 1 poussin éclos le 26/06/2016 ;
  • 5 au printemps 2017, puis 1 le 17/07/2017 ;
  • 7 au printemps 2018 ;
  • 7 au printemps 2019, etc...

La plupart des poussins sont directement élevés par leurs parents, mais il arrive que quelques-uns d'entre eux (par exemple issus d'oeufs délaissés par leurs parents) soient élevés à la nurserie, comme celui photographié ci-dessous.

1 (4560)Un jeune dans la nurserie, le 16/10/2016.

Le savez-vous ?

  • la couleur rose (ou bien rouge) du Flamant est une énigme : elle sert peut-être à montrer la bonne santé des partenaires pendant la saison des amours ; elle est en tout cas à l'origine du nom "Flamant" (couleur de flamme) qui se retrouve sous des formes proches dans la plupart des langues européennes (Flamingo en anglais, allemand, néerlandais, portugais, suédois, norvégien, danois, finnois et letton, Flamenco en espagnol castillan, Flamenc en catalan, flamingó en hongrois, flæmingi en islandais, flaming en polonais...), et aussi dans le nom scientifique du genre "Phoenicopterus", du grec "phoínikos" (= "d'un rouge de sang", "ensanglanté") ;
  • autrefois, les Flamants présentés dans des zoos se décoloraient très vite. Aujourd'hui, la couleur des oiseaux présents en zoo est maintenue au moyen d'un supplément de betterave et de carotte, complétant des produits animaux. Ce supplément est également nécessaire chez d'autres oiseaux vivement colorés comme l'Ibis rouge. La décoloration ne se rencontre pas que chez les oiseaux captifs : elle est aussi causée par l'exposition au soleil, ce qui nécessite un apport continu en nourriture "colorante" pour que les Flamants gardent leur plumage rose ou rouge. Les plumes se décolorent aussi sur les oiseaux empaillés, ou bien lorsqu'elles sont collectées : aussi les plumes de Flamants n'ont-elles pas intensivement été recherchées même à l'époque où le commerce des plumes était le plus développé (début du 20ème siècle) ;
  • le bec de cet oiseau, qui est couvert de lamelles à l'intérieur, est adapté à la filtration des sédiments, qu'il pratique à la recherche de nourriture ;
  • à l'éclosion, le bec du poussin est droit, il ne se courbe qu'à l'âge de 2 mois quand il est capable de s'alimenter seul ;
  • la langue du Flamant est très musclée, elle lui sert de pompe pour aspirer l'eau. Elle passait pour une délicatesse dans la cuisine des anciens Romains ;
  • c'est l'oiseau dont le cou et les pattes sont les plus songs par rapport au corps ;
  • le Flamant est également connu pour rester posé sur une seule patte. Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer cet étrange comportement : mieux se stabiliser et se reposer, conserver la chaleur corporelle ou bien réduire l'exposition aux parasites ;
  • les Flamants disposent d'un organe spécial pour excréter le sel par les larmes (ils partagent cette caractéristiques avec d'autres animaux des milieux marins et littoraux comme les Tortues de mer et les Goélands) ;
  • un très proche cousin du Flamant rouge, le Flamant rose (Phoenicopterus roseus) vit en Europe du Sud, y compris dans le Midi de la France où il se reproduit (Camargue). Pendant longtemps le Flamant rose et le Flamant rouge étaient considérés comme la même espèce, et la séparation des deux n'a été officiellement entérinée qu'en 2002 ! ;
  • les plus grands flamants (comme cette espèce) ont une voix plus basse que celle des espèces plus petites (Flamant nain en Afrique et en Inde, Flamants des Andes et de James en Amérique du Sud) ;
  • pour se reproduire, ils ont besoin d'être en grands groupes : au moins 50 oiseaux mais idéalement plusieurs centaines ou milliers (seuls les Flamants vivant aux Galapagos, où l'environnement est très particulier, ne le font pas : il leur suffit de petits groupes composés de 5 à 10 couples). Cette caractéristique se retrouve chez les Flamants élevés en parc zoologique. Des Flamants captifs maintenus en petits groupes ont réussi à se reproduire... après que des miroirs aient été apposés dans leurs enclos, créant une illusion de nombre !!!
  • l'apparition des Flamants est très ancienne : des fossiles datant de 50 millions d'années ont été découverts ;
  • en créole de Guyane française, son nom est Tokoko, mot d'origine amérindienne.