1 (104)Le 24/01/2013.

Nom scientifique : Ailurus fulgens

Synonymes : Petit Panda, Panda doré, Panda éclatant, Panda fuligineux, Panda rouge, Renard de feu.

Classe : Mammifères

Ordre : Carnivores

Famille : Ailuridés

Description : carnivore de la taille d'un renard, à l'aspect typique : pelage roux, masque blanc et brun sur le bout des oreilles, les sourcils et les joues, museau et gueule noirs ; les parties inférieures du corps sont d'un brun plus sombre, tirant sur le noir ; pattes courtes et noires ; longue queue ornée de 9 bandes blanches et jaunes, finissant par une touffe noire ; griffes puissantes; face ronde.

1 (114)Avec un Muntjac de Reeves, le 24/01/2013.

Longueur (corps) : 50 à 65 cm.

Longueur (queue) : 28 à 60 cm.

Poids : 3,5 à 6,2 kg (mâle) ; 3 à 6 kg (femelle).

Durée de vie : 8 à 14 ans (dans la nature) ; 13 à 19 ans (en captivité).

Aire de répartition : région de l'Himalaya. Il en existe 2 sous-espèces, le Panda roux de l'Inde (Ailurus fulgens fulgens) qui vit en Inde, au Népal, etc... et le Panda roux de Styan (Ailurus fulgens styani) présent en Chine et Birmanie.

Habitat : forêts de bambous tempérées et subtropicales, surtout entre 2.200 et 4.800 mètres d'altitude mais il descend localement jusqu'à 200 mètres !

Comportement : c'est surtout un animal solitaire (sauf en période de reproduction), nocturne et arboricole, dont le métabolisme est très lent (comparable à celui des Paresseux !) du fait de la pauvreté de son alimentation.

Il saisit sa nourriture avec ses mains.

Sa queue lui sert de balancier quand il se déplace dans les branches, mais elle reste horizontale lorsqu'il marche à terre.

Il marque son territoire avec de l'urine et avec une sécrétion musquée provenant de ses glandes anales.

Dans son milieu de vie, il a peu de prédateurs sinon la Panthère des neiges. Quand il est attaqué, il peut se défendre avec ses griffes semi-rétractiles (y compris en se dressant pour paraître plus grand !) ou s'enfuir en grimpant dans un arbre ou dans des rochers.

Il est très résistant au froid, grâce à sa fourrure épaisse et à la queue dont il se sert, quand il se repose, pour couvrir sa face. Inversement, quand la température est chaude, il va s'allonger sur une branche, les pattes pendantes.

Au réveil, il se nettoie le pelage à la manière d'un chat.

1 (2358)Le 02/04/2015.

Alimentation : comme le Panda géant, il est surtout végétarien. Il s'alimente de feuilles et pousses de bambou (qui constituent les deux tiers de son régime alimentaire), mais aussi de fruits et baies, de glands, de racines, de plantes grasses, de fleurs, de champignons, de lichens et d'herbes diverses. Il mange parfois des oeufs, des oisillons, des lézards, des insectes, des larves et même des poissons (!) mais les produits animaux ne comptent que pour une petite partie de son régime alimentaire.

Le bambou étant une nourriture pauvre sur un plan nutritionnel, le Panda roux doit en manger une grande quantité chaque jour : plus de 4 kg de pousses fraîches et de 1,5 kg de feuilles fraîches (soit l'équivalent de son propre poids !).

1 (9271)Le 20/08/2017.

Reproduction : les mâles vivent solitaires et ne s'aventurent sur le territoire des femelles que pour s'accoupler, entre mi-janvier et début mars. Le mâle pousse des cris puissants pour attirer sa partenaire.

Après une gestation de 135 jours environ pendant laquelle elle garnit un nid (arbre creux, crevasse...) avec des bâtons, de l'herbe et des feuilles, la femelle donne naissance à 2 petits (parfois de 1 à 4) aveugles et sourds, mais couverts de fourrure grise et pesant 100 à 130 grammes ; dans les derniers jours avant la mise bas, la femelle engraisse et devient particulièrement léthargique.

La femelle reconnaît ses petits à l'odeur, et passe 60 à 90% de son temps avec eux pendant les premiers jours de leur vie.

Entièrement dépendants de leur mère, les jeunes ouvrent les yeux à 18 jours. Il arrive souvent que la mère déplace ses petits d'un nid vers un autre (ce comportement s'observe aussi en captivité). C'est vers 90 jours que les petits sortent seuls de leur nid et revêtent leur pelage définitif (roux), ils sont sevrés à 5-8 mois et restent avec leur mère jusqu'à la saison de reproduction suivante.

Ils atteignent la taille adulte à 1 an, et peuvent se reproduire à leur tour vers l'âge de 18-20 mois.

Les mâles participent peu (voire pas du tout) aux soins et à l'éducation des petits.

Statut IUCN : en danger

1 (3654)Le 10/04/2016.

Menaces et protection : bien que l'espèce reste moins rare que le Panda géant (estimée à probablement moins de 10.000 individus), elle est en déclin du fait de la déforestation, de la fragmentation de son habitat, du braconnage, de la capture accidentelle dans des pièges destinés à d'autres espèces, des maladies (communiquées par les Chiens domestiques notamment) et - indirectement- de la consanguinité. Autrefois, ils étaient chassés pour confectionner des toques en fourrure.

L'animal étant fort discret, les populations actuelles sont difficiles à estimer : de 3.000 à 7.000 en Chine, de 5.000 à 7.000 en Inde, quelques centaines seulement au Népal, présent avec des effectifs inconnus au Bhoutan et en Birmanie.

L'espèce est classée à l'annexe I de la convention de Washington (CITES) règlementant le commerce des espèces menacées (ce qui signifie que son commerce international est interdit, ce qui a réduit significativement les exportations de Pandas roux en-dehors de leurs pays d'origine). Elle est aussi protégée par les lois de plusieurs pays où elle vit, et on la trouve dans de nombreux parcs nationaux et réserves (35 en Chine - y compris dans des réserves établies pour protéger le Panda géant -, 20 en Inde, etc...) ainsi que dans des secteurs très difficilement accessibles donc préservés de la plupart des atteintes. La gestion de forêts communautaires (par exemple dans l'Arunachal Pradesh, en Inde) et l'écotourisme (comme dans le district népalais d'Ilam) sont également favorables à la protection de cet animal emblématique.

La recherche sur la biologie de cette espèce, le renforcement des lois de protection et le maintien (sinon la restauration) d'habitats favorables sont des priorités pour la protection de l'espèce dans la nature.

Il existe également des programmes d'élevage en captivité, en Asie, Europe et Amérique du Nord. En 2006, la population captive de Pandas roux s'élevait à plus de 800 individus.

Des réintroductions de Pandas roux captifs ont été réalisées avec succès en 2003 par le Zoo de Padmaja Naidu en Inde.

Le Zooparc de Beauval soutient (aux côtés de 30 zoos européens) un programme de protection de l'espèce au Népal, et spécialement dans la région de Panchthar-Ilam-Taplejung (PIT) qui abriterait un quart de ses effectifs mondiaux. Ce programme implique le recrutement de gardes forestiers, la lutte contre les incendies et le braconnage, la sensibilisation des populations locales, etc...

Au Zooparc de Beauval : un jeune couple composé du mâle BROWNY et de la femelle INES, arrivé fin mars 2018, est actuellement présenté dans un enclos de la zone chinoise, aux côtés des célèbres Pandas géants et en cohabitation avec plusieurs Muntjacs de Reeves (petits cerfs).

Plusieurs autres individus étaient présents auparavant, dont la femelle LIAO (née au Zoo de Thoiry en région parisienne le 21/07/2006, arrivée à Beauval le 10/07/2007) et sa fille BAO qui ont quitté le Zooparc en mars 2018 (transfert vers le Parc animalier des Pyrénées) ; et le mâle (compagnon de LIAO) MAOPI.

Jusqu'à l'aménagement de cette zone (2011), c'était dans un des enclos pour petits carnivores proche du restaurant "Le Tropical" que cette espèce était logée (arrivée de l'espèce en 1996).

Reproduction : régulière :

  • 2 le 17/06/2008 ;
  • 2 le 16/06/2009 ;
  • 2 femelles le 19/06/2010 ;
  • 2 femelles le 22/06/2011 ;
  • 1 le 22/06/2012 ;
  • 1 mâle (LOTUS) et 1 femelle (YING) le 15/06/2013 ;
  • 1 femelle (BAO) le 17/06/2015...

1 (4115)Le 11/06/2016.

Le savez-vous ?

  • grâce à ses griffes puissantes (et semi-rétractiles), il est capable de descendre la tête en bas.
  • bien que très brillante et colorée, sa livrée l'aide grandement à se camoufler dans les forêts où il vit.
  • chaque individu possède des marques différentes sur son visage.
  • il dispose d'une sorte de "faux pouce" qui est en réalité un os du poignet (os sésamoïde). Il partage ce trait avec son cousin (éloigné) le Panda géant. Mais chez le Panda roux, cette adaptation lui serait apparue pour mieux se mouvoir dans les arbres, et non pour saisir le bambou comme chez le Panda géant ! L'on parle d'évolution convergente.
  • comme le Panda géant, l'Ours et l'Homme, sa démarche est plantigrade.
  • d'après les récentes analyses de son ADN, le Panda roux serait davantage apparenté aux Ratons laveurs, aux Mouffettes et aux Belettes qu'il ne le serait au Panda géant ou aux Ours "vrais".
  • des fossiles de cousins éteints du Panda roux datant de l'époque miocène (-4,5 à -7 millions d'années) et pliocène ont été exhumés à travers l'Eurasie (jusqu'en Angleterre et en Espagne) et aussi en Amérique du Nord.
  • un Panda roux pensionnaire d'un zoo japonais (Zoo de Chiba) est devenue une "célébrité" locale en se tenant sur ses pattes arrière pendant 10 secondes d'affilée.
  • une femelle Panda roux est capable de manger jusqu'à 200.000 feuilles de bambou par jour !
  • la digestion est rapide (2 à 4 heures) et incomplète, l'organisme de cet animal étant incapable d'assimiler la cellulose et autres composants majoritairement présents dans le bambou.
  • le Panda roux est le seul mammifère (hors primates) à ressentir le goût des édulcorants de synthèse tels que l'aspartame.
  • sa place au sein de l'ordre des carnivores reste une énigme. Historiquement, il était considéré comme un proche parent du Panda géant et des Ours, mais les analyses en phylogénie moléculaire ont révisé la position des zoologues, qui le classent désormais aux côtés des belettes, des mouffettes et des ratons laveurs dans la super-famille des Musteloidea.
  • son nom vient d'un mot népalais "poonya" (littéralement, "le mangeur de bambou") qui désigne l'espèce. Ce nom a également été adopté pour le  Panda géant, pourtant bien différent d'aspect.
  • les Occidentaux ont découvert le Panda roux plusieurs décennies avant le Panda géant ; en 1821 pour le premier (suite aux explorations du militaire et naturaliste britannique Hardwicke dans les pays himalayens), en 1869 pour le second (voir fiche consacrée au Panda géant) ;
  • son nom chinois, xiǎoxióngmāo (小熊猫), signifie littéralement "le petit-ours-chat". Les Chinois utilisent également le nom de "hǔo hú (火狐)" ("le petit renard de feu") pour le désigner, et qui est à l'origine du nom "Firefox" qui lui est occasionnellement donné en anglais. C'est à lui (et non pas au renard) que se réfère le nom du célèbre moteur de recherche éponyme !
  • il existe d'autres noms pour le désigner en anglais (dont certains sont des calques du chinois...) : lesser panda, red panda, cat-bear, etc... Il en est de même dans les autres langues européennes (cf. kattbjörn en suédois, etc...).
  • son nom scientifique est une combinaison du mot grec ailuros (désignant le chat et signifiant mot à mot « balance-queue ») et du mot latin fulgens ("éclatant, brillant [comme un éclair]").
  • il est récemment apparu sous les traits de plusieurs personnages de dessins animés, comme celui de Maître Shifu dans Kung-Fu Panda.
  • c'est l'animal national du Sikkim (un Etat de l'Inde) et la mascotte de la Fête Internationale du Thé à Darjeeling.