1 (1603)ASATO, le mâle dominant du groupe reproducteur de Beauval (photo prise le 19/09/2014).

Nom scientifique : Gorilla gorilla gorilla

Synonymes : Gorille des plaines de l'Ouest, Gorille des plaines occidentales.

Classe : Mammifères

Ordre : Primates

Famille : Hominidés

Description : le mâle et la femelle ont un aspect très différent (dimorphisme sexuel), le premier étant beaucoup plus massif que la seconde. Leur pelage est noir, mais le dos des mâles dominants devient gris, d'où leur surnom de "dos argenté" (silverback). Le crâne a une forme typique avec un sommet en "cimier", des arcades sourcilières très développées, un nez large et une mâchoire puissante. Il est dépourvu de queue (comme tous les grands singes : Chimpanzés, Orangs-outans... et l'Homme).

Hauteur : 1,5 à 1,8 m (mâle, debout) ; 1,5 m (femelle, debout).

Poids : 68 à 181 kg.

Durée de vie : 30 à 40 ans (dans la nature) ; jusqu'à 50 ans (en captivité).

1 (1600)2 jeunes, le 19/09/2014.

Aire de répartition : Afrique équatoriale.

Habitat : forêts tropicales primaires et secondaires, clairières, lisières, forêts-galeries, champs abandonnés, etc... du niveau de la mer à 1.600 mètres d'altitude. Les habitats marécageux, qui offrent une protection contre les prédateurs et les activités humaines, sont particulièrement appréciés.

Comportement : dans la nature, le Gorille de l'Ouest vit en groupes constitués d'un mâle dominant, de 3 à 7 femelles adultes, d'enfants et d'adolescents (et parfois de mâles adultes subalternes), il existe aussi des groupes de mâles célibataires ; cette composition est assez fidèlement reflétée par les groupes présents à Beauval. Les territoires des groupes de Gorilles ont des dimensions variables (de 8 à 47 km²) et se chevauchent fréquemment, l'espèce n'ayant pas de comportement territorial ; les tailles des territoires sont influencées par les disponibilités en nourriture, mais aussi par la présence de prédateurs tels les Humains et les Léopards. Le Gorille contribue à la dissémination des graines de nombreuses plantes, à travers ses excréments. Le Gorille se tient fréquemment debout, mais il marche surtout à quatre pattes. Pour un animal de sa taille, le Gorille se déplace assez peu : entre 500 m et 3 km par jour. Il grimpe jusqu'à 15 mètres de haut notamment pour se nourrir, mais il dort fréquemment à terre pendant la nuit. Le mâle dominant défend sa famille avec des comportements impressionnants, incluant des charges en se frappant la poitrine avec les poings, il peut aussi y avoir des combats de mâles pour la possession des femelles. Cependant, les Gorilles sont en général des animaux d'un naturel doux et pacifique entre eux et envers les Humains. Hors l'Homme, les prédateurs du Gorille sont très peu nombreux : les très jeunes animaux peuvent être - potentiellement - la proie d'un oiseau rapace ou bien d'un grand mammifère carnivore, il arrive aussi qu'ils soient tués par un nouveau mâle dominant qui aurait récemment détrôné l'ancien.

1 (3085)Jeune mâle célibataire, le 08/11/2015.

Alimentation : surtout des plantes (plus de 100 espèces de fruits, racines, pousses, écorces, bois pourri, herbes, fougères...), rarement des insectes (termites, fourmis...).

1 (1565)SHEILA, le 02/06/2014.

Reproduction : il n'y a pas de saison de reproduction précise. La femelle atteint la maturité sexuelle à l'âge de 8 ou 9 ans, le mâle beaucoup plus tard (vers 15 ou 20 ans). Elle donne naissance à un seul jeune (les jumeaux sont très rares et, dans la nature, la mère ne s'occupe que d'un seul d'entre eux), après une grossesse de 9 mois. A la naissance, le bébé est très petit (2 kg) et complètement dépendant de sa mère, sur le pelage de laquelle il s'accroche, jusqu'à l'âge de 2 ou 3 ans. Il reste dépendant de sa mère jusqu'à 5 ans. Curieusement, et d'après une étude menée sur 300 femelles Gorilles pensionnaires de zoos, les femelles âgées donnent plus souvent naissance à des petits mâles que les jeunes : il se pourrait que ce soit une réponse à une contrainte pesant sur le succès reproductif des mâles (qui dépend largement des conditions d'élevage par la mère). L'activité sexuelle des femelles est plus élevée lorsque d'autres femelles sont elles-mêmes sexuellement actives : ce serait une stratégie destinée à augmenter leurs chances de se reproduire. Les femelles donnent naissance à un petit tous les 4 ans, leur fécondité semble décliner à partir de l'âge de 18 ans.

1 (270)Le 21/02/2013.

Statut IUCNen danger critique d'extinction

Menaces et protection : bien que classé "en danger critique d'extinction", il reste le gorille le plus abondant, avec une population estimée à 225.000 individus en 2008 ; celle-ci est très difficile à évaluer dans son habitat naturel (les estimations des années 1980 donnaient environ 100.000 gorilles dans la nature). A titre d'exemple, une population de 125.000 têtes, inconnue jusqu'alors, a été découverte dans les forêts de la région du Lac Télé (République du Congo) en 2006-2007. Quelques populations sont toutefois extrêmement rares (comme celle de la rivière Cross au Nigeria et a Cameroun, classée dans la sous-espèce G. g. diehlii et qui compte probablement 200 individus matures en liberté, et aucun en captivité). Les principales menaces pesant sur l'espèce sont liées à la déforestation, à la chasse (commerce des peaux et de la viande à l'échelle locale et trafic international), aux persécutions (les Gorilles consommant parfois des plantes cultivées) et aux épidémies (dont Ebola, responsable de plusieurs mortalités massives). Des actions de protection impliquant la participation des autorités locales, des ONG de protection de la nature et des communautés villageoises sont mises en place pour assurer la protection des forêts, lutter contre le braconnage et offrir aux habitants des sources de revenus alternatives ne mettant pas en péril les équilibres écologiques (par exemple dans le complexe tri-national de Sangha, partagé entre la Centrafrique, le Cameroun et la République du Congo). La recherche médicale et vétérinaire (lutte contre Ebola notamment) est également d'un intérêt primordial. Les parcs zoologiques l'élèvent assez fréquemment (env. 550 spécimens à travers le monde), et avec succès depuis que ses besoins comportementaux sont mieux compris. Il existe une proportion non négligeable d'individus inaptes à la reproduction en captivité (dont les gènes pourraient toutefois être perpétués via la fécondation in vitro). Le Gorille de l'Ouest est inscrit à l'annexe I de la Convention de Wahsington (CITES), ce qui signifie que le commerce d'individus vivants ou morts est interdit par principe. 

Le Zooparc de Beauval soutient un programme de protection des Gorilles au Gabon, en partenariat avec l'ONG The Aspinall Foundation. Celle-ci a, notamment, procédé avec succès à la réintroduction en milieu naturel de Gorilles issus de parcs zoologiques. Le 24/06/2019, les jeunes femelles MAYOMBE et KUIMBA (voir ci-dessous) se sont ainsi envolées pour le Parc National des Plateaux Batéké d'où les Gorilles avaient disparu, ce qui correspond à la première réintroduction de Gorilles en provenance d'un parc zoologique français...

Plus de 60 zoos européens présentent le Gorille de l'Ouest (source : Zootierliste, données de juin 2020), dont 7 en France : en plus de Beauval, on peut en trouver à Amnéville, La Boissière du Doré, La Palmyre, La Vallée des Singes, Saint-Martin-la-Plaine et, depuis 2020, à Thoiry.

1 (2216)ASATO, le 21/02/2015. 

1 (3094)Kakémono informatif sur un programme de protection des Gorilles au Gabon, soutenu par le Zooparc de Beauval. Ce support est installé sur le "Pont de la Conservation" qui présente un grand nombre d'autres programmes, photo prise le 08/11/2015.

Au Zooparc de Beauval : l'espèce est présentée depuis 1997. Actuellement, deux groupes sont présentés :

1) Dans la serre aux Gorilles, un groupe reproducteur composé d'un mâle adulte (ASATO, né le 20/10/1991, et que j'ai personnellement parrainé en 2020), de 4 femelles adultes (INGE, née le 02/03/1980 au Zoo de Francfort [Allemagne], SHEILA, née le 18/02/1981, KABINDA, née le 10/12/1982 au Zoo de Howletts [Angleterre] et NAOMI, arrivée du Zoo de La Palmyre [Charente-Maritime] au printemps 2020 ; le groupe comprenait aussi TAMARILLA, née le 29/07/1987, morte le 10/02/2017 de la maladie de Crohn) et de leurs petits (visible sur une île et dans un enclos intérieur) ; ils cohabitent avec des Singes patas et, jusqu'à l'été 2016, également avec des Colobes guérézas ; les enclos intérieurs ont été réaménagés entre octobre et décembre 2018 avec l'installation de nouveaux agrès et d'accessoires divers comme un distributeur de nourriture qui amène les primates à réfléchir pour y accéder ;

2) depuis 2013, un groupe de mâles célibataires (KUMI, BANDJOKO, SADIKI, KAJOLU, tous les 4 arrivés jeunes) sur une île avec un bâtiment de nuit non visible du public ; ils cohabitent avec des Moustacs depuis le mois d'avril 2016. Ce groupe comprenait aussi YANGU, né le 24/05/1983 et premier mâle arrivé à Beauval mais, étant stérile, il a longtemps séjourné seul dans un enclos intérieur de la serre jusqu'à son transfert sur la nouvelle île en 2013 ; il est mort dans la nuit du 18 au 19/01/2018.

1 (5349)INGE, le 27/11/2016.

Reproduction : de nombreuses naissances depuis 2007 (le père de tous ces enfants étant ASATO) :

  • KHALA (F) le 03/06/2007 (transférée au Zoo de Givskud au Danemark en septembre 2016 ; elle a donné naissance à une fille en janv. 2019 [mais morte en bas âge le 04/02/2019], puis à une seconde fille, MALKIA ["Reine" en swahili] le 16/04/2020) ;
  • MAYOMBE (F) le 21/10/2007 (transférée dans le Parc National des Plateaux Batéké au Gabon le 24/06/2019 ; elle est morte fin sept. 2019 d'une septicémie pendant le processus de réintroduction ;
  • MAÏSHA (F) le 27/02/2008 (transférée au Zoo de la Palmyre en octobre 2015 mais décédée peu de temps après, en janvier 2016) ;
  • MAPENZI (M) le 14/04/2010 ;
  • KUIMBA (F) le 19/08/2010 (transférée dans le Parc National des Plateaux Batéké au Gabon le 24/06/2019 ; rejointe en nov. 2019 par un jeune mâle, DJONGO, avec des accouplements observés peu de temps après la mise en contact...) ;
  • SAWA (F) le 24/11/2011 ;
  • KIVU (M, fils de INGE) né le 14/01/2013 mais n'a survécu que quelques mois (mort à la fin de l'année 2013) ;
  • MAYELE (F, fille de KABINDA) le 24/03/2013 ;
  • ORUNGO (M, fils de SHEILA, né le 11/12/2015 et mort le 25/02/2016) ;
  • YAMBA (M, fils de KABINDA, né le 29/12/2015) ;
  • KIWANO (M, fils de INGE, né le 11/01/2016) ;
  • M'BAKU (M, fils de SHEILA, né le 27/10/2018) ;
  • KOVANGA (M, fils de KABINDA, né le 16/03/2019).

1 (2211)KABINDA et sa fille MAYELE, le 21/02/2015.

1 (3252)KABINDA et son fils YAMBA, le 17/01/2016.

Le savez-vous ?

  • malgré sa taille impressionnante, le Gorille de l'Ouest est la plus "petite" espèce de Gorille.
  • comme les êtres humains, chaque Gorille a des empreintes digitales distinctives.
  • l'intelligence des Gorilles a moins été étudiée que celle des Chimpanzés. Toutefois les Gorilles sont connus pour sélectionner des branches, des feuilles et des fragments d'écorce en fonction de leur taille de façon à extirper de la nourriture, et aussi à communiquer par signes (Koko, une femelle Gorille étudiée dans un centre de recherches aux Etats-Unis, sait utiliser un millier de signes).
  • un Gorille mange 18 kg de nourriture par jour.
  • les Gorilles ne détruisent jamais toute la végétation autour de leur gîte, afin de le maintenir suffisamment caché pendant des périodes suffisamment longues.
  • les Gorilles choisissent toujours les fruits les plus riches en sucres et en fibres. C'est lorsque les fruits sont rares qu'ils se rabattent sur d'autres sources de nourriture (feuilles, écorces...).
  • ce sont des animaux bien plus agiles qu'on ne peut l'imaginer : même un mâle lourd peut grimper à vingt mètres de hauteur sur un arbre.
  • contrairement à une légende tenace, le pénis de Gorille en érection ne dépasse pas 5 cm (pauvre Brassens !).
  • c'est en 2012 que le génome du Gorille (qui ne diffère que de 2% du génome humain) a été totalement analysé. Bien que son cousin le Chimpanzé soit supposé être le plus proche parent de l'Homme, il s'est avéré que 15% du génome humain est plus proche de celui du Gorille.
  • l'ancêtre préhistorique des Gorilles le plus ancien vivait il y a 10 à 10,5 millions d'années, c'était le Chororapithecus abyssinicus.
  • un seul cas d'albinisme a été connu chez cette espèce, il concernait "Flocon de Neige", un mâle importé de Guinée Equatoriale en 1966 et pensionnaire du Zoo de Barcelone (Espagne).