1 (1265)RUBY, le 24/02/2014.

Nom scientifiqueDendrolagus goodfellowi buergersi

Classe : Mammifères

Ordre : Diprotodontes

Famille : Macropodidés

Description : kangourou de taille moyenne, parfaitement adapté à la vie dans les arbres.

Comme tous les dendrolagues (kangourous arboricoles), il a des pattes fortes (mais bien plus courtes que chez les kangourous terrestres comme le Kangourou roux des savanes et déserts) et des pieds courts terminés par de puissantes griffes recourbées ; une longue queue lui servant de balancier ou de contrepoids ; une tête "d'ourson" arrondie, aux oreilles rondes et aux petits yeux ; des mains et des doigts agiles qui l'aident à saisir les objets (et qui peuvent faire penser à ceux d'un singe).

Le Dendrolague de Goodfellow est plus fin d'aspect que le Dendrolague de Matschie, espèce voisine un temps présentée à Beauval.

Pelage court et laineux de couleur brun-roux, face gris-brun, joues, gorge, ventre et pieds et jaune pâle, queue dorée, également deux bandes dorées le long du dos.

La différence entre les sexes est assez faible.

1 (444)Le 14/03/2013.

Longueur (corps) : 50 à 75 cm (mâle) ; 56 à 64 cm (femelle).

Longueur (queue) : 64 à 76 cm (mâle) ; 65 à 78 cm (femelle).

Poids : 6,7 à 8,5 kg (mâle) ; 5,6 à 8,6 kg (femelle).

Durée de vie : 5 à 8 ans (dans la nature) ; 15 à 20 ans (en captivité).

Aire de répartition : Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Habitat : forêts tropicales humides de montagne, entre 680 et 2.865 mètres d'altitude.

1 (8678)Le repas de TIRREKEE, le 16/07/2017.

Comportement : son comportement dans la nature est très mal connu, son pays d'origine (la Nouvelle-Guinée) étant encore très difficile d'accès (une grande partie était totalement inexplorée par les Occidentaux jusqu'aux années 1950 !) : les nouvelles technologies (radiopistage, GPS, caméras...) ont quelque peu permis d'améliorer l'état des connaissances zoologiques sur cette espèce et sur un grand nombre d'autres. Les zoos fournissent aussi un grand nombre d'observation précieuses pour connaître l'éthologie (étude du comportement) de cette espèce rare.

Animal lent à terre, se déplaçant en marchant ou en sautant lourdement, mais très agile dans les arbres, capable de grimper et de sauter avec aisance en s'aidant de ses pattes avant et de sa queue.

Ses prédateurs sont l'Homme, les Chiens (domestiques ou ensauvagés) et peut-être les grands pythons. Les chutes peuvent être une source de mortalité importante pour les jeunes dendrolagues.

Il semble que ses habitudes de vie varient selon le degré de pression apporté par les activités humaines : nocturne dans les régions les plus peuplées, crépusculaire et diurne dans les forêts intactes et... les zoos !

Le Dendrolague de Goodfellow vit solitaire ou en couple (ce qui est rare chez les marsupiaux), par contre deux mâles peuvent se battre violemment s'ils se rencontrent. Il est plutôt silencieux, il lui arrive d'émettre des sifflements, des grognements ou des claquements avec sa langue à de rares occasions (ex. : parade amoureuse). Il communique aussi par des postures et des signaux olfactifs.

En zoo, il peut être maintenu en petits groupes (allant jusqu'à 1 mâle et 3 femelles adultes), mais le maintien de 2 mâles ensemble est impossible.

Il s'alimente à l'aide de ses pattes avant qui lui servent véritablement de mains. Il lui arrive souvent de remuer ses oreilles (peut-être pour chasser les insectes importuns), de s'épouiller, de s'ébrouer ou encore de se lécher les avant-bras (quand il fait trop chaud, ceci afin d'abaisser sa température corporelle).

1 (1118)RUBY, le 27/01/2014.

1 (5921)TIRREKEE, le 15/01/2017.

Alimentation : surtout végétarien (se nourrit de feuilles, de fougères, de racines, de pousses, de champignons, de fruits, de céréales, d'herbe...) mais peut consommer à l'occasion des insectes, des oeufs et des oisillons. Lors d'une étude menée en milieu naturel, il a été découvert qu'ils consommaient 160 espèces de plantes différentes.

En captivité, ils sont principalement nourris de feuilles, de branches, de fruits et de légumes, parfois dissimulés dans des "trappes".

1 (8653)RUBY, le 16/07/2017.

Reproduction : il atteint sa maturité sexuelle vers l'âge de 2 ans ou 2 ans et demi, il peut se reproduire toute l'année.

Il y a en général 1 petit par portée (jumeaux exceptionnellement rares), mis au monde à un stade larvaire (comme tous les jeunes marsupiaux) après 44 à 45 jours de gestation ; bien que très brève, c'est pourtant une gestation bien longue pour un marsupial ! Le jeune nouvellement né rampe jusqu'à la poche maternelle (le "voyage" lui prend 2 minutes) et s'accroche à un des 4 tétons qui s'y trouvent. Il commence à sortir de poche à 7 ou 8 mois et il la quitte définitivement à 10 mois. Le jeune reste très proche de sa mère pendant 2 ou 3 mois supplémentaires.

1 (1551)"Bulle" informant de la naissance récente d'un petit (KIKORI), le 02/06/2014.

Statut IUCNen danger

Menaces et protection : menacé par la chasse abusive et l'empiètement humain sur son habitat, depuis plusieurs décennies au moins (si ce n'est davantage). Il est chassé pour la peau, les dents, les griffes, les os et la queue avec lesquels des bijoux et ornements rituels sont confectionnés, les petits trouvés dans les poches sont parfois élevés par les tribus comme animaux de compagnie. Il est aussi victime de la prédation par les Chiens domestiques ou semi-sauvages.

Cependant, il se reproduit assez bien en captivité depuis plusieurs dizaines d'années, même si peu de zoos en possèdent. En 2013, seulement 45 individus étaient présentés dans 19 zoos à travers le monde. En août 2020, 11 zoos en ont en Europe (source : Zootierliste) dont 2 parcs français (Beauval et le Jardin des Plantes de Paris).

Son commerce international est règlementé (espèce inscrite à l'annexe II de la Convention de Washington ou CITES).

Au Zooparc de Beauval : depuis 2002 (arrivée d'un mâle du Zoo de San Diego aux Etats-Unis, suivi de 2 femelles provenant du même parc en 2006), plusieurs individus présentés dans des volières de la serre australienne, en cohabitation avec des Rats-kangourous à queue touffue. Aujourd'hui il y a 4 animaux adultes de cette espèce, qui occupent chacun une volière :

  • deux mâles, TIRREKEE (mâle reproducteur assez âgé) et WARU (ce dernier né au Zoo de Krefeld en Allemagne et arrivé à Beauval en février 2019 à l'âge de 1 an et 7 mois) ;
  • et deux femelles, YINGWIE (arrivée du Jardin des Plantes de Paris en juin 2018, à l'âge de 4 ans) et NAÏS (née au Zoo de Singapour et arrivée à Beauval en février 2019 à l'âge de 2 ans).

D'autres ont été présents comme la femelle reproductrice RUBY, qui a donné naissance à plusieurs petits (dont au moins JAYA, KIKORI et KITAWA) mais qui est morte le 31 août 2017 d'une insuffisance rénale. Une autre femelle, LUMI (dont les essais de reproduction n'avaient pas réussi), a été transférée au Jardin des Plantes de Paris en juin 2018, en remplacement de YINGWIE.

Les spécimens de Beauval ont longtemps été les seuls de France jusqu'à l'arrivée d'un individu au Jardin des Plantes de Paris au printemps 2015. Reproduction : régulière avec plusieurs naissances :

  • TIRREKEE, mâle né le 10/06/2008 (et devenu à son tour le mâle reproducteur du Zooparc) ;
  • KIUNGA, femelle née le 24/01/2011 et sortie de poche le 26/08/2011 ;
  • JAYA, femelle née le 21/01/2012 et sortie de poche le 11/07/2012 ;
  • KIKORI, mâle né le 11/11/2013 et sorti de poche en mai 2014 ;
  • KITAWA, femelle née le 18/08/2015 et sortie de poche le 03/02/2016 ;
  • 2 en début d'année 2020, sortis de poche durant l'été 2020 (petits de YINGWIE et NAÏS).

1 (2188)KIKORI, le 21/02/2015.

Le savez-vous ?

  • il est capable de sauter au sol depuis plus de 9 mètres de haut, sans se blesser !
  • comme les vaches, il "rumine" avec son estomac composé de plusieurs "chambres" et peuplé de bactéries qui déstructurent les tissus fibreux des végétaux ;
  • l'adaptation des mains et des doigts pour le maniement des objets est spectaculaire chez les kangourous arboricoles. Très peu de mammifères (en-dehors des primates : lémuriens, singes et... humains) disposent de cette capacité : le Raton laveur, le Rat surmulot (deux espèces très intelligentes et opportunistes) et également le Chat marsupial Dasyurus hallucatus ;
  • par rapport aux autres marsupiaux (kangourous terrestres, koalas...), les dendrolagues ont un gros cerveau comparé à leur corps ;
  • les dendrolagues sont aussi capables de tourner les plantes de leurs pieds vers l'intérieur, ce qu'aucun autre marsupial ne sait faire. Par contre, leur aptitude au saut est bien plus faible que celle des kangourous terrestres ;
  • ils rejettent leur urine et leurs excréments par un orifice unique, le cloaque (caractéristique commune aux mammifères primitifs, aux reptiles et aux oiseaux) ;
  • le nom de "Dendrolague" signifie littéralement "le lièvre des arbres". L'origine de cette expression est douteuse, il est possible que les premiers explorateurs européens visitant la Nouvelle-Guinée (et le Nord de l'Australie) aient consommé sa viande préparée à la façon du lièvre ! (source : rapport des naturalistes néerlandais Müller et Macklot qui visitèrent ces pays vers 1830) ;
  • les noms d'espèce "goodfellowi" et de sous-espèce "buergersi" se rapportent respectivement aux naturalistes Goodfellow (découvreur de l'espèce) et Buergers (zoologiste qui explora le bassin du Sepik en Nouvelle-Guinée, vers 1912-1913) ;
  • dans la langue aborigène Kalam, il est nommé kabacp ou kabcp ;
  • par leur physique et leur mode de vie, les dendrolagues exploitent une niche écologique vacante dans les forêts australasiennes, celle occupée par les singes en Asie, Afrique et Amérique du Sud ;
  • les fossiles de dendrolagues les plus anciens ont été trouvés dans le Sud de l'Australie (d'où ils ont disparu depuis fort longtemps), ils sont datés entre -4 et -4,5 millions d'années. Il est probable qu'ils aient colonisé la Nouvelle-Guinée aux ères glaciaires, lorsque cette île était reliée à l'Australie par la terre ferme (le niveau de la mer étant beaucoup plus bas qu'aujourd'hui). Ils s'y sont multipliés, l'apparition de nouvelles espèces étant favorisée par l'existent d'un relief très accidenté qui crée des barrières difficiles à franchir. Les fossiles attribués au Dendrolague de Goodfellow sont comparativement très récents (entre -15.000 et -40.000 ans) ;
  • des légendes existent au sujet de cet animal : le peuple Mianmin prétend qu'un dendrolague atteint par une flèche est capable de la renvoyer à son chasseur (cette croyance peut être expliquée par l'aspect "quasi-humain" de cet animal).