1 (5728)YUAN ZI, le 15/01/2017.

1 (12563)YUAN MENG avec sa maman HUAN HUAN, le 24/04/2018.

1 (17143)YUAN MENG et HUAN HUAN, le 12/04/2019.

Statut IUCN : vulnérable

Menaces et protection : l'espèce ne compte qu'environ 2.000 représentants dans la nature. Elle est surtout menacée par la destruction et la fragmentation de son habitat, ainsi que par des phénomènes biologiques liés aux cycles de croissance et de dépérissement du bambou (celui-ci meurt après avoir fleuri, privant les pandas de nourriture). Le Panda de Qinling, plus isolé, est devenu spécialement rare avec 200 à 300 spécimens à l'état sauvage.

Heureusement, elle bénéficie de programmes actifs de protection, impliquant la lutte contre le braconnage, la reconstitution de corridors reliant les massifs forestiers, des plans de gestion pour les réserves où il se rencontre (près de 60 réserves ont été instituées à ce jour), le suivi éthologique des pandas sauvages, et les programmes de reproduction en captivité. La protection accordée aux Pandas permet la survie de cette espèce exigeante.

1 (13112)HUAN HUAN, le 16/09/2018.

En 2007, la Chine comptait 239 Pandas en captivité, et 27 autres vivaient dans des zoos étrangers (une cinquantaine à l'heure actuelle). Sur le continent européen, 10 zoos en élèvent actuellement (nov. 2022) selon Zootierliste. Depuis 1984, les Pandas présentés dans des parcs zoologiques hors de Chine sont loués par le gouvernement chinois, l'argent allant à un fonds de protection des Pandas sous la direction de la CITES, qui contribue à leur sauvegarde ainsi qu'à celle de leur habitat. Dans des époques plus anciennes, les Pandas étaient directement offerts par la Chine aux chefs d'Etat étrangers en tant que cadeau diplomatique, ou même importés par des explorateurs ou marchands européens.

Des individus nés en captivité (dans les centres de recherche en Chine) ont été réintroduits dans le milieu naturel et font l'objet d'un suivi pour étudier leur degré d'adaptation. Le panda est considéré comme un "Trésor National" en Chine et classé à l'annexe I de la Convention de Washington ou CITES (ce qui signifie que son commerce international est interdit), et il est aussi l'emblème de l'organisation de protection de la nature WWF. Autrefois, la chasse et la capture d'individus sauvages étaient des menaces très sévères pour l'existence des Pandas, mais ce n'est désormais plus le cas grâce à une législation très strictement appliquée.

Les effectifs de Pandas géants sont en augmentation dans la nature depuis le début des années 2000, et leur aire de répartition a tendance à s'étendre légèrement.

La protection accordée aux Pandas et, par extension, à leur habitat, bénéficie à de nombreuses autres espèces animales et végétales ; on parle dans ce cas d'espèce "porte-drapeau" ou "parapluie".

Le Zooparc de Beauval soutient un programme de protection et de réintroduction des Pandas, piloté par la base de reproduction des Pandas géants de Chengdu.

1 (2409)YUAN ZI, le 05/05/2015.

Au Zooparc de Beauval : un jeune couple (YUAN ZI le mâle et HUAN HUAN la femelle) est arrivé de Chine en 2012, cette arrivée fut fort médiatisée. Ils disposent d'une installation créée pour eux dans la zone chinoise, composée d'un enclos extérieur et d'un enclos intérieur par individu (ce qui est conforme au mode de vie solitaire de cette espèce). Les Pandas géants de Beauval sont, à ce jour, les seuls représentants de l'espèce en France depuis le 20/01/2000 (mort de Yen Yen, mâle pensionnaire du Zoo de Vincennes, à l'âge de 27 ans).

1 (2560)HUAN HUAN, le 07/06/2015.

Reproduction : oui, avec la naissance de 2 petits le 04/08/2017 dont un a survécu ; appelé officieusement "Mini Yuan Zi" ou "MYZ" pendant les premiers mois de sa vie, il a désormais été rebaptisé "YUAN MENG" ("Concrétisation d'un rêve" en chinois) depuis le 04/12/2017 ! Il est présenté au public depuis janvier 2018 (auparavant, on ne pouvait le voir que par webcam), et il effectue des sorties à l'extérieur depuis le 19/03/2018. Aujourd'hui adolescent, il est désormais séparé de sa mère depuis le 09/09/2019. En mai 2020, il pèse près de 100 kg, soit un poids supérieur à celui de sa mère, puis 106 kg en déc. 2021... En août 2022, il pèse 129 kg et a dépassé le poids de son père... Son départ pour la Chine est prévu pour la fin 2022 ou le début 2023.

1 (17140)YUAN MENG, premier Panda né en France, le 12/04/2019.

Les 23 et 24/12/2019, HUAN HUAN a été inséminée à nouveau (insémination artificielle). Entrée en fin de diapause le 05/03/2020, elle n'était en définitive pas enceinte mais en pseudo-gestation (phénomène courant chez les Pandas). Il n'y a donc pas eu de naissance pour l'année 2020.

Accouplements de YUAN ZI et HUAN HUAN en mars 2021, HUAN HUAN s'est avérée fécondée en avr. 2021. 2 petites femelles sont nées le 02/08/2021, d'abord appelées "Fleur de Coton" et "Petite Neige", puis YUAN DU DU et HUAN LI LI lors de la "cérémonie du nom" qui s'est tenue le 18/11/2021 en présence du footballeur français Kylian M'BAPPE et de la nageuse olympique chinoise Zhang JIAQI. Le 18/09/2021 (donc à l'âge de 1 mois et demi), elles pesaient chacune 2 kg. Elles sont sorties en extérieur pour la première fois le 13/03/2022, comme c'est le cas dans la nature (les jeunes sortent au début du printemps avec leur mère). Début août 2022, HUAN LI LI pèse 24 kg et YUAN DU DU pèse 29 kg. En oct. 2022, HUAN LI LI pèse 32,5 kg, YUAN DU DU pèse 37,9 kg.

1 (1634)YUAN ZI (photo du 19/09/2014).

1 (30291)Des soigneuses sont venues exprès de Chine pour assister l'équipe de Beauval lors de la naissance des pandas YUAN DU DU et HUAN LI LI ; capture d'écran d'un diaporama diffusé dans la maison des pandas, photo prise le 06/03/2022.

Le savez-vous ?

  • en chinois, le Panda géant a une vingtaine d'appellations. Il est le plus souvent nommé 大熊猫, dà xióngmāo, le "Grand Chat-Ours". Curieusement le nom dà xióngmāo sous lequel il est aujourd'hui fréquemment appelé contient une erreur, car il signifie littéralement "le chat qui a des qualités d'ours" (et non le contraire, ce qui aurait été plus logique) : cette erreur daterait de 1939, lorsqu'un panda fut présenté dans un zoo de la ville de Chongqing sous un nom forgé de toutes pièces maoxiong 猫熊 "l'Ours-Chat" (peut-être en rapport avec son nom scientifique Ailuropoda, voir ci-dessous) mais, les idéogrammes ayant été écrits dans le sens gauche-droite, ils ont été compris à l'envers xióngmāo (en raison de l'usage qui est de lire les livres dans le sens droite-gauche), ce mot s'est imposé ensuite à toute la Chine continentale. Les Taïwanais ont adopté l'usage contraire et ont choisi de dire maoxiong 猫熊 ou dàmāoxióng 大貓熊, conformément à l'appellation du siècle dernier, et compte tenu du fait que l'animal est un ours et pas un chat !
  • une trentaine d'autres noms, historiques ou actuels, existent en chinois parmi lesquels huāxióng 花熊, "l'Ours tacheté", zhúxióng 竹熊, "l'Ours des bambous", baixiong 白熊 "l'Ours blanc" ;
  • son nom scientifique signifie littéralement "aux pattes de chat et au pelage noir et blanc". Les Tibétains l'appellent byi-la dom ("le Chat-Ours") ou dom khra ("l'Ours panaché"). Le nom de "Panda" lui-même a été emprunté au mot népalais ponya, qui désigne... le Panda roux (un mammifère présent au Népal, ce qui n'a jamais été le cas du Panda géant). Quand à son nom scientifique, "Ailuropoda" signifie "pattes de chat" et "melanoleuca" "noir et blanc" ;
  • il a parfois été reconnu comme étant l'animal mythique 貘 mo (animal noir et blanc, également identifié comme étant le Tapir malais...) ;
  • un Panda albinos a été vu et photographié dans une forêt chinoise en 2019 ;
  • en 1987, un zoo privé taïwanais avait exhibé un Ours malais (petite espèce d'Ours du Sud-Est asiatique) peint en blanc et noir, le présentant de manière frauduleuse comme un Panda géant !
  • le Panda géant possède 6 doigts dont une sorte de "faux pouce" qui est en réalité un os du poignet (os sésamoïde). Il partage ce trait avec le Panda roux, d'aspect pourtant fort différent, ainsi que des espèces préhistoriques (telle le Simocyon batalleri, un grand carnivore qui vivait en Europe il y a 9 millions d'années). Ce doigt aberrant lui sert à s'alimenter (attraper les tiges de bambou) et à se déplacer ;
  • il est à noter que le Panda géant n'est pas apparenté au Panda roux (bien qu'ils aient en commun le même habitat, plusieurs particularités biologiques et anatomiques et évidemment leur nom) : alors que le Panda géant est un Ours aberrant (sa lignée se serait séparée de celle des Ours vrais il y a 19 millions d'années), le Panda roux est un cousin d'autres petits carnivores comme les Ratons laveurs, les Mouffettes et les Belettes. Autrefois les zoologues ont classé les 2 espèces dans une famille commune (Ailuridae), et même un temps au sein de la famille des Ratons laveurs (Procyonidae), mais ces classifications ont été abandonnées ;
  • la fourrure bicolore du Panda serait une adaptation à un environnement rocheux et neigeux où il aurait vécu dans le passé, lui permettant de mieux se camoufler ; toutefois, son habitat actuel est constitué de zones forestières, où la neige n'est pas souvent présente ; son épaisseur le protège toutefois du froid ;
  • il peut arriver que le Panda s'enduise la fourrure de fumier de cheval pour résister au froid ;
  • de toutes les espèces d'Ours, c'est lui qui a la queue la plus longue, juste derrière l'Ours lippu (espèce du sous-continent indien) ;
  • il possède 42 dents puissantes, larges et plates, qui lui permettent de broyer les bambous ; d'après des vestiges fossiles de Pandas géants et d'espèces anciennes apparentées (A. microta, de plus petite taille que l'espèce actuelle et qui vivait en Chine du Sud), la spécialisation du système dentaire des Pandas vers un régime de bambou est assez ancienne (2 voire 4 millions d'années) et probablement progressive et liée à la rareté des autres sources de nourriture dans son habitat ;
  • sa flore intestinale est plus proche de celle des carnivores typiques (chiens, chats...) que de celle des mammifères herbivores, ce qui trahit une spécialisation relativement récente (à l'échelle évolutive). Il possède peu de bactéries capables de décomposer la cellulose, qui forment l'essentiel de la composition du bambou (un aliment assez pauvre sur un plan nutritif), et n'a pas de caecum (caractéristique des ursidés). Du fait, il passe 14 heures par jour à mastiquer les tiges de bambou, dont il ne peut digérer que 17% bien qu'il rejette l'écorce dès l'ingestion (et qu'il préfère les jeunes pousses, plus riches en nutriments et pauvres en fibres). Le transit intestinal dure environ 8 heures et il défèque plus de 100 fois par jour ! ; heureusement pour lui, son oesophage est couvert de mucus et son estomac est très musclé, pour supporter l'ingestion d'une nourriture dure et ligneuse ;
  • le bébé Panda naît avec un intestin stérile, et doit consommer les déjections de sa mère pour acquérir la flore bactérienne nécessaire à la digestion du bambou ;
  • selon des études chinoises récentes (2010), les 21.000 gènes du Panda contiennent tous ceux qui codent les enzymes caractéristiques d'un régime carnivore, à l'exception de celui qui code le récepteur sensible à la saveur "umami", ce qui le rendrait insensible au goût des viandes... et l'orienterait vers une alimentation végétarienne ;
  • le génome du Panda géant a été décrypté en 2009 ;
  • les Pandas géants effectuent des "transhumances" depuis les vallées vers les montagnes plus hautes, afin de pouvoir profiter des nutriments offerts par les diverses espèces de bambous, celles de basse altitude étant plus riches en calcium et celles de haute montagne étant plus riches en protéines !
  • étant donné la pauvreté de son régime alimentaire, l'organisme du panda fonctionne au ralenti, avec une dépense d'énergie qui n'est pas supérieure à celle d'un paresseux ou d'un reptile ; quelques traits physiques et physiologiques trahissent cette adaptation, tels qu'un pelage épais qui conserve la chaleur, et diverses mutations des organes et des hormones ; sur le plan comportemental, le rythme ralenti de la vie du Panda se traduit par l'évitement des efforts physiques trop prononcés (par exemple la fréquentation de terrains trop escarpés) et des interactions sociales ;
  • son ouïe et son odorat sont très fins mais sa vue est assez mauvaise (moins bonne que celle du chat ou de l'homme) ;
  • d'autres adaptations physiologiques découlent de son régime végétarien et de sa sédentarité : la forme arrondie de son corps, et la rondeur de sa face (qui cache de puissantes mâchoires), traits qui se retrouvent chez des espèces à la biologie similaire comme le Gorille, qui est le plus "végétarien" des grands singes ;
  • pour tenter de reproduire les Pandas (ce qui était supposément considéré comme très difficile pendant longtemps, cf. partie "reproduction"), certains scientifiques ont eu recours à des méthodes insolites et assez "radicales", comme leur diffuser des vidéos d'accouplements et même donner aux mâles des cachets de Viagra ;
  • plusieurs mythes et légendes circulent sur l'origine de la robe du panda. L'une d'elles raconte qu'une bergère sauva un jour un bébé panda des griffes d'un léopard mais que la bergère mourut dans le combat et que les pandas pleurèrent avec de la cendre dans les mains (rite funéraire) et se frottèrent les yeux avec. En réalité, les taches du panda auraient une fonction de camouflage, mais aussi d'intimidation (la tache noire sur les oreilles serait un signe de férocité !) et d'identification (chaque panda ayant une tache noire de forme et de taille différente autour des yeux) ;
  • connu des Chinois depuis des millénaires (mais pas toujours de manière très précise, voir ci-dessous), il n'a été découvert qu'en 1869 par les Européens, plus précisément par le Père Armand David, ecclésiastique et explorateur de la Chine. Il fut alors appelé Ursus melanoleucus, "l'Ours noir et blanc" dans un premier temps, avant d'avoir son propre genre.
  • dans la Chine classique, un traité de géographie le décrivait comme "animal noir et blanc qui ressemble à un ours et se nourrit de cuivre et de fer", allusion à la réputation qu'il avait de lécher et de mordiller les ustensiles de cuisine (sic) dans les villages ; il a été rapproché d'autres créatures plus ou moins mythologiques telles que le mo 貘 (tantôt décrit comme un "léopard blanc", tantôt - ce qui est plus logique - comme un "ours de couleur jaune et noir, venant du Sichuan" ou comme un "ours, avec une petite tête, des pattes courtes, un mélange de noir et blanc" ; d'autres descriptions du "mo" touchent à la fantasmagorie, le présentant comme un animal qui a "une trompe d’éléphant, des yeux de rhinocéros, une queue de vache, et des pattes de tigre [et qui] mange les chaudrons des indigènes") ;
  • l'accueil de Pandas dans un pays étranger est très difficile et nécessite une autorisation expresse de la Chine, si bien que l'on a pu parler de "diplomatie du panda" ! La pratique est très ancienne (elle existait vers 2.000 avant Jésus-Christ !) et, à des époques plus récentes, elle a marqué l'amélioration des relations de la Chine avec les Etats-Unis et la France (années 1970), puis, plus récemment, avec le Japon et Taïwan (années 2000) ;
  • il est, naturellement, devenu un symbole officieux de la Chine dans les événements internationaux comme les compétitions sportives ;
  • Il a donné son nom à un modèle de voiture (la Fiat Panda) mais il est surtout connu de nos jour comme le symbole de l'organisation de protection de la nature WWF, et apparaît dans un grand nombre de dessins animés et programmes enfantins, le plus souvent associés à la Chine ou au monde chinois : Kung Fu Panda, Ranma 1/2, Pandi Panda/Tao Tao, la chanson "Pandi Panda" de Chantal Goya, etc... et même un épisode de la bande dessinée "Le Marsupilami" ("Le bébé du bout du monde"). "Le Pouce du Panda" est enfin le nom d'un essai du biologiste Stephen Jay Gould traitant de l'évolution.

1 (7576)YUAN ZI, le 12/03/2017.