1 (3591)Le mâle KANDUBE, le 10/04/2016.

Nom scientifique : Tragelaphus eurycerus isaaci

Classe : Mammifères

Ordre : Artiodactyles

Famille : Bovidés

Description : antilope de grande taille, au corps massif, aux jambes courtes et au pelage rayé de 10 à 15 lignes blanches, minces et verticales, portant une crête de poils de l'épaule à la croupe, de grandes oreilles et un collier blanchâtre à la base du cou. Un chevron blanc est visible entre les deux yeux et deux taches blanches ornent chaque joue.

Le mâle et la femelle portent de longues cornes spiralées et en forme de lyre, mais restent très différents : le mâle est nettement plus grand que la femelle, il a aussi un pelage beaucoup plus sombre (brun-noir) que sa partenaire qui a le poil châtain roux.

1 (13015)Femelle, le 24/04/2018.

Longueur (corps) : 1,7 à 2,5 m.

Longueur (cornes) : 75 à 100 cm.

Longueur (queue) : 45 à 65 cm.

Hauteur (au garrot) : 1,1 à 1,3 m.

Poids : 240 à 405 kg (mâle) ; 210 à 235 kg (femelle).

Durée de vie : 17 ans (dans la nature) ; 19 ans (en captivité).

Aire de répartition : localisée dans une petite région du Kenya.

Habitat : forêts tropicales de montagne, marais et même champs et jardins. Monte jusqu'à 4.300 mètres d'altitude.

Comportement : cette antilope a un comportement craintif, et s'enfuit au moindre bruit suspect. Sa morphologie l'aide à se camoufler dans la végétation dense de la jungle. Elle est très discrète et difficile à étudier dans la nature.

Elle est surtout active du crépuscule à l'aube dans le milieu naturel.

Les Bongos vivent en petits groupes de 5 à 6 animaux, parfois en plus grands troupeaux allant jusqu'à quelques dizaines de têtes. Les mâles adultes n'étant pas territoriaux, plusieurs d'entre eux peuvent être présents dans un même troupeau.

Son cri le plus courant est un bêlement. Il pousse aussi quelques grognements, et la femelle émet un faible meuglement pour contacter son petit.

En période de rut, le Bongo mâle a un comportement de flehmen, commun chez les antilopes : le mâle détecte si sa partenaire est en chaleur grâce à un organe situé sur le palais, tout en relevant la lèvre supérieure et la tête, et en claquant la langue.

A cette période, les combats entre mâles sont fréquents, et peuvent donner lieu à des blessures graves dans le milieu naturel.

Les Bongos sont chassés par divers prédateurs naturels : la Hyène tachetée, le Léopard et le Lion surtout, ainsi que par l'Homme qui le chasse pour sa chair, sa peau et ses cornes. Les Pythons peuvent s'en prendre aux très jeunes animaux.

Alimentation : feuilles, buissons, graminées, herbes, légumes, racines, céréales, fruits. Il boit régulièrement et doit manger de grandes quantités de nourriture chaque jour (ce qui limite son aire de répartition à des régions suffisamment humides et riches en végétation toute l'année).

1 (3581)Couple, le 10/04/2016.

Reproduction : la maturité sexuelle est assez précoce, dès l'âge de 20 mois.

La gestation dure 9 mois et demi. Il y a un seul jeune (très rarement 2) par portée.

Le jeune pèse 19 kg à la naissance. Dans les premiers jours de sa vie, il est laissé seul dans un endroit à l'abri des prédateurs, la mère ne lui rendant visite que pour l'allaiter. Il est sevré à l'âge de 6 mois.

Statut IUCN : en danger critique d'extinction

Menaces et protection: bien que l'espèce soit considérée comme quasi-menacée au niveau global, la sous-espèce de montagne est extrêmement rare dans la nature ce qui justifie son statut "en danger critique d'extinction".

Seuls 70 à 100 animaux survivent dans la nature, dans une petite région du Kenya entre le Mont Kenya, la Forêt Mau, la Forêt Eburu et le Parc Aberdares. Autrefois il vivait aussi en Ouganda (Mont Elgon, près de l'actuelle frontière kényane) mais il a disparu de ce pays dans les années 1910.

Les principales menaces proviennent de la déforestation et autres emprises humaines sur son habitat, de la chasse, probablement aussi des maladies transmises par le bétail (comme la peste bovine dans les années 1890) et de l'augmentation locale de la population de Lions.

Tous les Bongos présents en zoo appartiennent à la sous-espèce de montagne, et sont -à l'heure actuelle- nettement plus nombreux que leurs homologues subsistant dans la nature. L'espèce s'adapte bien à la vie en captivité et l'élevage de cet animal, qui est une des antilopes les plus attractives par sa taille et son aspect, est devenu assez fréquent dans les zoos. En Europe, 53 zoos en présentent (source : Zootierliste ; données de juin 2021) dont 8 en France.

L'élevage des Bongos en zoo fait l'objet d'un programme européen, actuellement coordonné par le Zoo de Chester (Angleterre).

Il existe aussi un programme mené par les zoos nord-américains, qui englobe un volet de surveillance, de protection et de restauration de l'espèce dans son habitat naturel, et a conduit au transfert de 18 animaux nés en zoo vers un centre d'élevage en semi-liberté au Mont Kenya. Des études sont également menées depuis les années 2000 aux Aberdares et au Mont Kenya, afin de mieux connaître le mode de vie et les exigences écologiques de cet animal en milieu naturel.

Au Zooparc de Beauval : le Zooparc de Beauval en présente une petite harde (composée d'une demi-douzaine d'animaux dont le mâle KANDUBE et des femelles DOMI et MARULA), dans un enclos dédié, depuis 2015. Ces antilopes cohabitent avec un couple de Grues caronculées, et, un temps, avec des Petits Koudous (également arrivés la même année, séparés depuis l'automne 2016) et divers oiseaux. Reproduction : fréquente dans les dernières années :

  • KUMBA, femelle née le 24/09/2015 (mais "conçue" dans un autre zoo, la mère étant arrivée à Beauval enceinte) ;
  • 1 femelle dans la nuit du 25 au 26/04/2017, puis 1 autre femelle dans la nuit du 26 au 27/04/2017 ;
  • SAMBA, mâle né au printemps 2018 ;
  • 1 femelle fin avr. / début mai 2019 ;
  • DJULIA, femelle née le 21/08/2020 ;
  • 1 durant l'hiver 2020/2021 ;
  • 1 à la fin de l'hiver 2020/2021.

1 (7056)Femelle, le 12/03/2017.

Le savez-vous ?

  • parmi les antilopes africaines, c'est une des plus grandes espèces vivant en forêt ;
  • malgré sa grande taille, ses pattes courtes et son habitat forestier, le Bongo peut être très rapide : il atteint 47 km/h en vitesse de pointe ;
  • c'est la seule antilope du groupe des tragélaphes (qui compte aussi le Guib d'eau, les Koudous, les Elands, etc...) dont les deux sexes possèdent des cornes ;
  • son nom vient de la langue kele du Gabon (premier usage connu remontant à 1861) ;
  • le nom de genre Tragelaphus se compose de 2 mots grecs (tragos, le bouc, et elaphos, le cerf), le nom d'espèce se rapporte à la largeur (eurus = large) de ses cornes (keras) ;
  • le Bongo mange parfois du bois brûlé après les incendies, cet aliment insolite lui fournit un apport en sels ; il consomme aussi de la boue pour neutraliser certaines toxines végétales ;
  • pour ne pas empêtrer ses cornes dans le sous-bois, le Bongo porte souvent ses cornes à plat, sur son dos ; cet ornement encombrant à première vue lui sert à casser les branches les plus hautes pour atteindre les pousses les plus savoureuses ;
  • le Bongo a aussi une longue langue préhensile qui lui sert à saisir la nourriture. Cette caractéristique se rencontre aussi chez l'Okapi, qui n'est pourtant pas de la même famille mais partage le même milieu.
  • comme chez tous les Bovidés, la corne du Bongo est faite de kératine et creuse à l'intérieur.