1 (2706)Femelle, le 19/09/2015.

Nom scientifiqueOkapia johnstoni

Synonyme : Mondonga (nom d'origine lingala).

Classe : Mammifères

Ordre : Artiodactyles

Famille : Giraffidés

Description : ongulé ruminant à la morphologie proche de celle de la Girafe, si ce n'est le cou bien plus court et épais et le pelage, brun chocolat avec les pattes zébrées. Corps court et massif, pattes arrière plus courtes que les pattes avant, colonne vertébrale en axe oblique ; tête marquée d'une tache blanche sur la joue et d'un contour noir autour de la bouche.

Le mâle porte des "ossicônes", petites cornes osseuses qui poussent entre l'âge de 1 et de 5 ans. La femelle en est dépourvue.

Oreilles larges, ovales et très mobiles. Langue préhensile noire, longue de 30 à 50 cm.

Chez cette espèce, la femelle est généralement plus grande que le mâle.

Longueur (corps) : 1,9 à 2,5 m.

Hauteur (au garrot) : 1,8 m.

Poids : 200 à 300 kg.

Aire de répartition : Afrique centrale, essentiellement en République démocratique du Congo et peut-être aussi dans les pays voisins (présence incertaine).

Habitat : forêts équatoriales de 500 à 1.000 mètres d'altitude, parfois même jusqu'à 1.450 m.

Comportement : il est discret et solitaire ; mâle et femelle ne se rencontrent qu'au moment de la reproduction. Très craintif, il est resté très longtemps inconnu des explorateurs européens même si les populations autochtones (Pygmées) le connaissaient.

La densité est usuellement de 2 individus au km². Il est sédentaire et marque son territoire par des dépôts d'urine et de sécrétions produites par ses glandes ; il emprunte régulièrement les mêmes pistes de passage qu'il a marquées au préalable. Cependant, il n'y a pas de compétition entre les individus pour le territoire, même chez les mâles.

Son seul prédateur naturel est le Léopard. Ses grandes oreilles lui permettent d'entendre n'importe quel bruit signalant un danger.

Il marche l'amble, comme sa cousine la Girafe.

Ses (rares) communications "vocales" (par exemple entre une mère et son petit) se font par infrasons, comme chez les Eléphants !

Alimentation : surtout feuilles, aussi bourgeons, branches, fruits, champignons, fougères, graminées et même argile et charbon de bois (qu'il trouve après que les incendies de forêt aient eu lieu !).

1 (7952)Mâle, le 21/05/2017.

Reproduction : la saison des amours a lieu de mai à juillet. La parade nuptiale est courte (il s'agit de brèves poursuites entre mâle et femelle dans la forêt) ; il arrive aussi que des mâles s'affrontent pour une même femelle.

La gestation dure 15 mois, la femelle donne naissance à un petit unique haut de 75 cm et pesant 20 kg. Celui-ci reste la plupart du temps dans un fourré jusqu'à l'âge de 2 mois, puis suit régulièrement sa mère. Le sevrage a lieu entre 6 et 10 mois.

Seule la mère prend soin du petit, le père ne s'en occupe pas.

Statut IUCN : en danger

Menaces et protection : bien que formellement protégé depuis 1933, cet animal est devenu rare et subit la déforestation (cultures sur brûlis), les activités minières et le braconnage, ainsi que l'instabilité politique.  Ses effectifs sont estimés entre 10.000 et 35.000 individus, avec une forte tendance à la baisse qui lui vaut d'être classé comme une espèce en danger. Le déclin s'est accéléré depuis les années 1990 avec les troubles politiques endémiques en République démocratique du Congo depuis cette époque.

Cependant, il est un animal emblématique en République démocratique du Congo : il figure sur les billets de banque, et il est aussi le symbole de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

Le Zooparc de Beauval soutient un programme de protection in situ (= dans le milieu naturel) de cette espèce très rare. Ce programme, dénommé Okapi Conservation Project (OCP), joue un rôle de leader dans la conservation de l'espèce dans un contexte d'implication faible (sinon inexistante) des autorités nationales à l'heure actuelle. Il vise à conserver les Okapis, mais aussi les droits des Pygmées Mbuti qui habitent ces forêts depuis longtemps. Ce programme se traduit par de nombreuses actions : formation et financement de gardes anti-braconnages, alternatives à la culture sur brûlis, sensibilisation des populations et aussi étude scientifique des Okapis (espèce dont le comportement dans la nature est encore mal connu).

En captivité, les premiers spécimens sont arrivés dans les années 1910-1920, mais la première naissance viable n'a eu lieu qu'en 1957, au Zoo de Vincennes (Paris).

Au Zooparc de Beauval : le Zooparc de Beauval présente cette espèce rarissime depuis 2005, dans un complexe formé par 3 enclos et un bâtiment de nuit ; ils cohabitent avec plusieurs Grues africaines (Grues couronnées grises, Grues couronnées noires et Grues de Paradis). Actuellement le groupe compte :

  • 2 mâles adultes (HENRY [arrivé du Zoo d'Anvers en Belgique durant l'année 2016-2017] et BOSI) ;
  • 2 femelles adultes (ANN et TAFARI [née le 10/10/2012 au Zoo de Chester en Angleterre et arrivée en 2015 à Beauval]) ;
  • le petit MAMBASA, voir ci-dessous.

Reproduction : oui, 2 naissances à ce jour :

  • MBUTI, femelle née en 2013, aujourd'hui transférée dans un autre parc ;
  • MAMBASA, mâle né le 04/08/2018, fils de HENRY et TAFARI et premier bébé "conçu" à Beauval.

Le Zooparc de Beauval est le 2ème zoo français à avoir réussi la reproduction de l'espèce, après Vincennes au siècle dernier.

Le savez-vous ?

  • connu par les Pygmées, il n'a été décrit par la science moderne qu'en 1901, ce qui en fait un des grands mammifères les plus récemment "découverts" ;
  • les premières descriptions faites par les Occidentaux (sur la base des dires des populations locales) le tenaient, à tort, pour un zèbre ;
  • sa longue langue lui sert à saisir la nourriture, et aussi à se nettoyer jusque derrière ses oreilles ;
  • son pelage est imperméable, ce qui lui sert à supporter le fort taux d'humidité de son milieu naturel ; quant aux zébrures de sa robe, elles l'aident à se dissimuler en forêt ;
  • il peut digérer des plantes toxiques pour l'Homme, comme les Euphorbes, et complète ses besoins en sels minéraux en mangeant de l'argile sulfureuse, du charbon de bois ou des graminées poussant sur des sols hautement minéralisés.