15 octobre 2020

Le Lion blanc d'Afrique du Sud

1 (2263)MAKWALO, le 02/04/2015.

Nom scientifiquePanthera leo krugeri

Classe : Mammifères

Ordre : Carnivores

Famille : Félidés

Description : lion à l'aspect typique, mis à part la couleur du pelage qui va du blond clair au blanc. Le pelage est blanc pur chez les nouveaux-nés, mais fonce légèrement pour devenir crème ou ivoire chez les adultes.

Les yeux sont de couleurs variables : noisette, doré, bleu-gris, vert-gris... mais pas rouges (ce qui signifie que les Lions blancs ne sont pas albinos ; il existe cependant de "vrais" lions albinos, encore plus rares...), les coussinets, les lèvres et les narines sont noirs ; on parle ici de "leucisme" (anomalie génétique qui se manifeste par une fourrure blanche, contrairement à l'albinisme qui consiste en un défaut de pigmentation total de la peau, des poils et des yeux). La crinière du mâle est bien développée.

Longueur (totale) : 2,6 à 3,2 m (mâle) ; 2,35 à 2,75 m (femelle).

Hauteur : 0,92 à 1,23 m.

Poids : 150 à 250 kg, record de 321 kg (mâle) ; 110 à 182 kg (femelle)

1 (10771)MAKALALI et ANOUCHKA, le 12/11/2017.

1 (10784)ANOUCHKA, le 12/11/2017.

Durée de vie : de 15 à 20 ans.

Aire de répartition : Afrique du Sud, dans la région du Timbavati. Le Lion blanc est une mutation naturelle du Lion d'Afrique.

Comportement : contre toute attente, les Lions blancs ne sont pas moins aptes à la survie dans la nature que les Lions au pelage "normal". Les études réalisées en milieu naturel dans les années 2000 ont démontré que les Lions blancs ont un succès égal ou supérieur à la chasse que les Lions "normaux".

Les Lions peuvent atteindre 45 à 65 km/h à la course sur de brèves distances (100 à 200 mètres).

Ils vivent en clans composés de 2 ou 3 mâles adultes (souvent des frères) dont un dominant, de 6 à 8 femelles et de leurs jeunes. Le mâle dominant joue surtout un rôle de procréateur, mais s'il se fait battre par un nouveau prétendant, celui-ci prend sa place. Les liens entre les femelles sont très forts.

Un Lion passe la moitié de sa vie à dormir (comme un chat !). 

Alimentation : viande. Ils chassent surtout des Zèbres, des Phacochères, des Buffles, des Gnous, des Antilopes, des Girafes, mais aussi de plus petits animaux (souris, lièvres, gazelles et porcs-épics). Plus rarement, ils peuvent venir à bout d'un éléphanteau, d'un bébé Rhinocéros ou Hippopotame.

Ils peuvent consommer 10 kg de nourriture en un seul repas.

Le mâle dominant est le premier à manger, bien qu'il ne participe que rarement à la chasse (celle-ci laissée aux lionnes).

Reproduction : la gestation dure 100 à 120 jours, il y a 1 à 6 petits par portée qui sont sevrés à l'âge de 6 à 7 mois. Les jeunes lions peuvent se reproduire à l'âge de 2 ans.

1 (3199)MAKWALO et MAKALALI ensemble, le 27/02/2016.

Statut IUCN : vulnérable (cette catégorie s'applique à l'espèce "Lion" et non au Lion blanc en tant que tel)

Menaces et protection : les Lions blancs sont rarissimes dans leur habitat naturel (une douzaine), quelques centaines sont élevés à travers les zoos du monde (sans compter les cirques et les élevages privés), non sans problèmes de consanguinité.

A l'état sauvage, quelques-uns vivent dans des réserves et parcs nationaux dont certains sont contigus et reliés entre eux, ce qui garantit leur perpétuation tant que le gène "blanc" est présent dans les populations locales de Lions.

Il existe une ONG spécialisée, dédiée à la conservation et à la réintroduction des Lions blancs : le Global White Lion Protection Trust. Créée en 2002, elle travaille à faire connaître cet animal, à en réintroduire dans des espaces protégés et à sensibiliser les populations locales à sa protection. Cette ONG a reçu, entre autres, le soutien public de l'archevêque et prix Nobel de la Paix Desmond Tutu.

1 (8789)MAKALALI, le 21/05/2017.

Au Zooparc de Beauval : un couple reproducteur, composé du mâle MAKWALO et de sa compagne MAKALALI, tous deux originaires d'un élevage d'Afrique du Sud, était arrivé en 1999 à Beauval. MAKWALO est mort le 26/01/2017, MAKALALI le 27/01/2018 (soit presque un an jour pour jour après son compagnon !). Seule leur dernière fille ANOUCHKA (voir ci-dessous) est encore présente, on peut la voir dans un des enclos de la fauverie ; bien qu'elle en ait la possibilité et que son état de santé le lui permette, on la voit surtout dans les loges de nuit, et rarement dans l'enclos extérieur.

Ces félins ont été les premiers Lions blancs à fouler le sol français, et parmi les premiers en Europe. Reproduction : oui, une dizaine de petits nés dans les années 2000 dont :

  • TIMBA (M, nommé en référence aux Lions blancs de Timbavati, voir ci-dessous) né le 28/05/2000, transféré au Zoo d'Attica (Grèce) ;
  • NANOUK (M) né le 12/04/2001, transféré au Jungle Park Las Águilas à Tenerife (Espagne) ;
  • MAGDA et SASKIA (F) nées en août 2001 ; MAGDA a été transférée au Zoo d'Attica (Grèce), SASKIA au Jungle Park Las Águilas à Tenerife (Espagne) avec son frère NANOUK ;
  • HALDIR (M), né en juillet 2004 et transféré au Zoo de Bratislava en Slovaquie ;
  • HELONA (F), née le 20/12/2006 et élevée à la nurserie, transférée dans un autre parc en 2010 ;
  • 2 jeunes non viables le 14/04/2007 ;
  • ANOUCHKA (F), née le 12/06/2008 et élevée à la nurserie.

1 (10770)MAKALALI & ANOUCHKA, ensemble en loge de nuit le 12/11/2017.

Le savez-vous ?

  • la présence de Lions blancs à l'état sauvage, bien que rare et localisée, est probablement très ancienne : ils passent pour des animaux sacrés et des messagers de Dieu chez les tribus locales, croiser leur route porterait bonheur. L'une des localités où des Lions blancs sont les plus régulièrement observés (jusqu'à aujourd'hui) est dénommée "Timbavati", d'une expression de la langue shangaan signifiant "l'endroit où les étoiles lions dont descendus des cieux" ;
  • le premier spécimen observé de manière certaine par des Occidentaux remonte à 1928, suivi de quelques (rares) observations dans les années 1930 et 40, de portées de lionceaux blancs en 1959 puis dans les années 1970 lors des observations du naturaliste Chris McBride qui les immortalisa dans un best-seller de l'époque "Les Lions blancs du Timbavati" ; M. McBride avait alors observé dans cette réserve deux lionceaux blancs, le mâle "TEMBA" ("espoir" en zoulou) et la femelle "TOMBI" ("fille"), qui avaient tous deux un frère de couleur fauve "VELA" (ce qui signifie "surprise" en langue zouloue) en 1975 ; l'année suivante une lionne blanche nommée "PHUMA" ("hors de l'ordinaire") fut observée dans la même localité ; PHUMA ayant été abattue par des chasseurs, TEMBA, TOMBI et VELA ont été confiés au Zoo de Pretoria en Afrique du Sud où ils ont eu une descendance persistant encore de nos jours ;
  • d'autres Lions blancs ont été observés plus tard dans les réserves du Timbavati, du Sabi Sands, d'Umfolozi ou encore du parc national Kruger (tous situés en Afrique du Sud), ils sont à l'origine d'autres lignées représentées tant dans la nature que dans les parcs zoologiques ;
  • enfin il arrive que, dans la nature ou en zoo, des lionceaux au pelage gris très clair ou blond naissent, sans proximité génétique apparente avec les souches connues de Lions blancs ;
  • la capacité de survie des Lions blancs à l'état libre a été supposée improbable pendant des dizaines d'années (les animaux de couleur anormale étant supposément plus faciles à repérer par les prédateurs), jusqu'aux années 2000 quand des groupes ont été réintroduits dans des réserves, où ils vivent et se reproduisent librement, mêlés à des Lions "ordinaires" et désormais sans intervention de l'Homme ; 
  • il semble que leur coloration presqu'irréelle ne constitue pas un handicap pour la survie des Lions blancs dans la nature, par rapport à leur environnement comme à leurs congénères au pelage fauve ;
  • la majeure partie des Lions blancs vit toutefois dans les zoos, où ils constituent un animal très prisé du fait de leur allure ;
  • aujourd'hui, la France compterait une trentaine de lions blancs dans les zoos, des cirques en auraient aussi quelques-uns ;
  • le nom latin de Panthera leo krugeri ne s'applique pas qu'aux seuls Lions blancs, mais à tous les Lions provenant de l'Afrique du Sud et des pays voisins ;
  • la couleur des lions blancs est liée à l'allèle mutant "chinchilla" (que l'on rencontre aussi chez des chats, lapins...) qui inhibe le dépôt des pigments sauf sur les bouts des poils ;
  • le gène "blanc" étant récessif, il peut arriver que des lionceaux blancs naissent de lions normaux, même si, pour avoir à coup sûr des rejetons au pelage blanc, il est nécessaire que les deux parents le soient aussi ; inversement, des Lions blancs peuvent avoir une descendance au pelage fauve ;
  • le Lion blanc est le héros d'un dessin animé "Léo le roi de la jungle", créé par le Japonais Osamu Tesuka. Cet animal apparaît aussi dans quelques autres dessins animés, mangas et films : dont "Mia et le Lion blanc" avec l'actrice Mélanie Laurent dont la sortie est prévue pour la fin 2018.
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Commentaires sur Le Lion blanc d'Afrique du Sud

  • Bonjour.

    Excellentes photos et publication intéressante.

    Bonne journée à vous.

    Posté par Mon beau monde, 01 novembre 2020 à 11:52 | | Répondre
    • Merci à vous aussi.
      Bonne journée à vous aussi.

      Posté par Zootographe, 01 novembre 2020 à 22:18 | | Répondre
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