1 (890)FUENZO et sa mère, le 19/09/2013.

Nom scientifique : Equus grevyi

Synonyme : Zèbre impérial.

Classe : Mammifères

Ordre : Périssodactyles

Famille : Equidés

Description : zèbre de grande taille, aux rayures noires fines descendant jusqu'au niveau des sabots (mais les rayures des jeunes sont brunes) ; le ventre et le croupion ne sont pas rayés. Tête longue et fine, grandes oreilles arrondies et coniques, cou court et large. Museau de couleur grise, brune ou noire, lèvres dotées de vibrisses. Crinière longue et dressée sur le cou, descendant jusque sur le dos pour les jeunes (et raccourcissant à l'âge adulte !).

Les mâles sont légèrement plus grands que les femelles (env. 10% de différence).

Les nouveau-nés ont des zébrures plus claires, tirant sur le roux.

Longueur (corps) : 2,5 à 3 mètres.

Longueur (queue) : 38 à 75 cm.

Hauteur : 1,4 à 1,9 mètre.

Poids : 349 à 451 kg.

1 (8187)Le 21/05/2017.

Durée de vie : 22 à 30 ans (en captivité) ; 12 à 18 ans (dans la nature).

Aire de répartition : Afrique de l'Est (Kenya et Ethiopie).

Habitat : plaines semi-arides, de 300 à 2.300 mètres d'altitude. Sa niche écologique est intermédiaire entre celle des Ânes sauvages et celle des autres espèces de Zèbres (Zèbre des plaines en particulier).

Comportement : ce zèbre vit de manière assez solitaire ou en groupes lâches et peu structurés (pas de harems ni de hiérarchie contrairement aux autres espèces d'équidés), les seuls liens sociaux sont ceux qui unissent la mère et son petit. Les mâles territoriaux défendent un domaine (pouvant atteindre 6 km² et habituellement bien fourni en eau et en nourriture), mais sans exercer de réel pouvoir sur les femelles. D'autres mâles, sans territoire, forment des bandes de 2 à 6 célibataires vivant dans des espaces moins propices.

Les femelles en période de lactation (qui ont besoin de boire beaucoup d'eau) et les mâles non-territoriaux préfèrent les lieux plus humides et riches en végétation ; lorsque le climat est trop sec, ils migrent vers les montagnes ("transhumance"). Il lui arrive aussi de creuser le sol à la recherche d'eau pendant la saison sèche. S'il y a assez d'eau, ils ont tendance à se sédentariser. Les domaines des femelles, des jeunes et des mâles non-territoriaux sont très étendus, mais il arrive aux mâles de se battre pour la possession d'une femelle (jusqu'à 9 mâles peuvent se battre pour une seule femelle !). Certains étalons disposent d'un territoire, ils y tolèrent les autres mâles sauf lorsqu'une femelle en chaleur est présente, auquel cas ils intimident leurs rivaux par des postures typiques (encolure arquée, démarche assurée). Sans surprise, les plus dominants disposent des territoires les plus proches de sources d'eau, plus favorables aux juments.

Les mâles territoriaux marquent leurs territoires avec des piles d'excréments, et ils émettent des vocalisations sonores. Habituellement ils parviennent à conserver le contrôle de leur territoire pendant une période allant jusqu'à 7 ans, avant d'être évincés par des mâles plus jeunes et vigoureux.

Les Zèbres de Grévy ont pour prédateurs tous les grands carnivores africains : Lions, Hyènes, Léopards, Guépards et Lycaons (mais seuls les 2 premiers s'attaquent aux adultes, les autres ne chassent que les jeunes).

En période sèche ou si des pressions extérieures (par exemple la présence de troupeaux domestiques) interviennent, ils ont tendance à se concentrer près des lieux humides. A cette occasion ils sont plus facilement vulnérables aux attaques de prédateurs que les autres espèces de zèbres (Zèbres des plaines, plus communs).

Son cri est considéré comme une sorte d'intermédiaire "entre le grognement de l'hippopotame et le râle de l'âne".

La crinière se dresse quand l'animal est excité.

Afin de se débarrasser des parasites, les Zèbres de Grévy prennent des bains de poussière, d'eau ou de boue, et se frottent contre les rochers et les arbres, plus rarement contre leurs semblables.

1 (4845)Le 18/09/2016.

Alimentation : il se nourrit d'herbes, de légumes et de buissons.

Reproduction : les Zèbres de Grévy peuvent se reproduire toute l'année.

En général, une femelle met bas tous les 2 ans.

Une jument en chaleur peut se rendre sur 4 territoires par jour et s'accoupler avec les seigneurs des lieux, voire, discrètement, avec des étalons célibataires (comportement polyandre, au contraire des autres équidés qui vivent en harems). Dans une logique contraire, les femelles qui ont donné naissance restent avec un seul mâle et ne s'accouplent qu'avec celui-ci. Les femelles allaitantes sont davantage harcelées par les mâles que les autres, le fait de s'associer avec un mâle (même si celui-ci n'est souvent pas le père du jeune) leur permet d'être mieux protégées contre les assauts des prétendants !

La gestation dure 390 jours, et donne lieu à la naissance d'un seul jeune.

1 (2976)ZAMBE ou ZAÏRE et sa mère, le 17/01/2016.

La femelle s'isole du troupeau peu avant la mise bas. Elle donne naissance à son petit allongée, le jeune sortant les sabots en premier (la délivrance durant 7 à 8 minutes au total). Le nouveau-né, d'abord allongé, sort du placenta et rampe jusqu'au museau de sa mère. Celle-ci lèche son petit et mange le placenta (procédé qui semble important pour initier le processus de lactation et le lien avec son petit).

Les petits peuvent marcher 20 minutes après leur naissance, et courir 1 heure après (ce qui est vital pour cette espèce nomade et exposée à de nombreux prédateurs) !

Le nouveau-né suivant tout ce qui bouge, les mères empêchent quiconque (y compris les autres femelles) d'approcher leur zébreau jusqu'à ce que celui-ci s'habitue à son odeur, à sa livrée (rayures) et à sa vocalisation. Ensuite, les femelles suitées se rassemblent en petits groupes et les zébreaux en "crèches" ; ils sont temporairement laissés par leurs mères pendant que celles-ci cherchent de la nourriture ou de l'eau.

Les jeunes zébreaux, qui ne se cachent pas, sont des proies faciles mais sont généralement défendus par le mâle dominant (qui peut ne pas être leur père !). Toutefois le mâle ne participe pas beaucoup à l'éducation des petits.

De façon générale, les zébreaux imitent tous les comportements de leur mère.

Les petits ne commencent à boire de l'eau qu'à l'âge de 3 mois. Ils commencent à s'éloigner de leur mère à 6 mois et sont totalement sevrés à 275 jours, mais ne sont indépendants que bien plus tard. Chez cette espèce, les jeunes femelles se dispersent bien plus tôt que les mâles (13 à 18 mois pour les premières, 3 ans pour les seconds).

1 (5660)La jeune SWAHILI, photographiée le 27/11/2016.

Les femelles peuvent se reproduire à l'âge de 3 ans, les mâles à 6 ans.

Statut IUCN : en danger

1 (5277)SWAHILI, le 27/11/2016.

Menaces et protection : ce zèbre est devenu très rare durant les dernières décennies du 20ème siècle, sa population est passée de 15.000 à environ 2.600 têtes depuis les années 1970. Le Zèbre de Grévy a disparu de plusieurs pays où il était anciennement présent : Somalie, Erythrée, Djibouti et peut-être Sud-Soudan. Les effectifs sont toutefois stabilisés depuis la fin des années 2000. 

Autrefois, la principale menace était causée par la chasse (leur peau se vendant très cher, leur viande et d'autres organes étaient également recherchés dans un but alimentaire ou "médicinal"), de nos jours ce sont surtout la perte de l'habitat, la compétition avec le bétail, les prélèvements d'eau, l'introduction de plantes invasives, les maladies et l'isolement génétique des plus petites populations qui limitent les possibilités de reconstitution des effectifs.

L'espèce est classée à l'annexe I de la convention de Washington (CITES), ce qui signifie que son commerce est interdit par principe, et protégée par les lois du Kenya et de l'Ethiopie. Une grande partie des troupeaux bénéficient de programmes de sauvegarde communautaires, prenant en compte le développement des populations humaines locales sans nuire à la faune ; à cet effet l'éducation des populations locales a eu des effets très positifs pour la cohabitation entre humains et zèbres (les gardiens devenant des "champions" de la protection des zèbres auprès de leurs communautés et villages respectifs). Certaines aires de savane ont été restaurées pour permettre l'augmentation ou le retour des populations de zèbres. Il est aussi arrivé qu'en cas de grande sécheresse, les responsables de parcs et réserves ont procédé au nourrissage des troupeaux de zèbres.

Les Zèbres de Grévy habitent plusieurs zones protégées : les réserves d'Alledeghi, Yabelo, Borana et Chalbi en Ethiopie, celles de Buffalo Springs, Samburu et Shaba et le parc national Tsavo au Kenya (plus des réserves privées à Isiolo, Samburu et sur le plateau Laikipia dans ce dernier pays).

Le Kenya a mis en place une stratégie de conservation nationale en faveur de l'espèce, et l'Ethiopie prévoit de le faire dans un futur proche.

La reproduction en captivité, les techniques de collecte de sperme et d'insémination artificielle sont aussi des solutions efficaces pour préserver l'espèce. 600 têtes appartiennent à des troupeaux captifs hors d'Afrique (qui mènent des partenariats avec des institutions africaines).

Le Zooparc de Beauval participe à un programme de réintroduction de cette espèce sur le sol de Djibouti (programme PICODE) ; ce programme comprend aussi la réintroduction de plusieurs autres grands mammifères éteints ou gravement menacés dans ce pays, ainsi que des volets de protection des milieux terrestres et marins existants, et d'appui aux communautés locales.

Au Zooparc de Beauval : un petit groupe reproducteur (incluant les mâles CARLOS et PHOENIX et la femelle NORA) vit dans un enclos de la plaine africaine. Reproduction : à plusieurs reprises dans les années récentes :

  • FUENZO, mâle né le 29/07/2012 ;
  • NYALA, femelle née le 16/12/2013 ;
  • ZAMBE et ZAÏRE, mâles nés les 09 et 11/08/2015. ZAMBE est le fils de la femelle NORA.
  • SWAHILI, femelle née le 28/10/2016, fille de la femelle NORA. Elle est morte de l'herpès virus début 2017 :(
  • DROGO, mâle né le 23/07/2017 ;
  • MAX, femelle née le 28/09/2018.

1 (3194)ZAMBE ou ZAÏRE, photographié le 17/01/2016.

Le savez-vous ?

  • c'est la plus grande et la plus rare des espèces de Zèbres. Il est le seul représentant vivant du sous-genre Dolichohippus, qui comptait dans les temps préhistoriques plusieurs autres représentants sur le continent africain, et même en Asie ! La systématique entre les différentes espèces de Zèbres (= le Zèbre des plaines en Afrique de l'Est - l'espèce la plus abondante - et le Zèbre de montagne en Afrique australe) et les Ânes est du reste assez complexe : il semblerait (d'après des études phylogénétiques récentes) que les Zèbres de Grévy sont plus proches des Ânes qu'ils ne le sont des Zèbres des plaines, le Zèbre de montagne occupant une place intermédiaire. Toutefois, les Zèbres de Grévy peuvent former des troupeaux mixtes avec les Zèbres des plaines dans les régions où les deux espèces cohabitent, et même se croiser avec eux, donnant naissance à des hybrides fertiles (!) ;
  • c'est le plus grand des équidés sauvages ;
  • aussi étonnant que cela puisse paraître, ce Zèbre est connu des Européens depuis l'Antiquité : les Romains en importaient pour leurs jeux du cirque. Plus tard, des rois africains en ont envoyé quelques-uns à des hauts fonctionnaires ou à des chefs d'Etat, dont le président de la République française Jules Grévy, à qui l'Etat d'Abyssinie (actuelle Ethiopie) en offrit un dans les années 1880 et à qui il doit - finalement - son nom. C'est ce spécimen qui a servi à faire la première description de l'espèce, par le zoologue - également français - Emile Oustalet ;
  • adapté à un milieu assez aride, il peut vivre 5 jours sans boire (mais boit beaucoup s'il trouve une source d'eau). Il accepte aussi une nourriture de qualité plus faible que la plupart des autres herbivores ;
  • les rayures du zèbre sont une énigme ; l'on suppose qu'elles lui servent à perturber les prédateurs en brouillant leur vue et/ou en le faisant paraître plus imposant qu'il ne l'est réellement. Il a aussi été suggéré que les motifs rayés, en polarisant la lumière, désorientent les taons et autres insectes parasites. Dans tous les cas, elles sont différentes d'un individu à un autre ;
  • d'après les données embryologiques, les Zèbres ont la peau noire avec des rayures blanches (qui apparaissent en cours de développement intra-utérin) ;
  • les mâles Zèbres de Grévy ont de gros testicules et peuvent éjaculer un grand volume de sperme pour éjecter celui des autres mâles ! (c'est une adaptation utile quand on veut assurer la pérennité de sa lignée chez cette espèce polyandre).