1 (914)Le 19/09/2013.

Nom scientifique : Spheniscus humboldti

Classe : Oiseaux

Ordre : Sphénisciformes

Famille : Sphéniscidés

Description : manchot de taille moyenne, avec une tête noire traversée par une rayure blanche, une gorge noire et une longue bande noire en forme de U renversé sur la poitrine et les flancs, la poitrine et le ventre sont ponctués de taches noires ; dessous des ailes taillé en lame de faux, blanc avec des points noirs parsemés ; calotte, joues, nuque et dos noirs. Le bec est plat et court, rose chair à la base et noir ailleurs. Pattes palmées, courtes et noires. Les jeunes ont la tête sombre et ne portent pas de bande pectorale noire.

Mâle et femelle sont très semblables, même si les premiers sont plus lourds et ont un bec plus allongé.

1 (15134)Le 13/01/2019.

Longueur : 55 à 70 cm.

Hauteur : 38 à 45 cm.

Poids : 3 à 5,9 kg.

Durée de vie : 15 à 20 ans dans la nature (la mortalité des jeunes est élevée), jusqu'à 30 ans en captivité.

Aire de répartition : côtes du Pérou et du Chili : il peut remonter plus au Nord encore jusqu'à la Colombie, mais ne s'y reproduit pas. La plus grande des colonies connues nidifie sur l'Isla Chañaral, en territoire chilien.

Habitat : mer, îles et côtes rocheuses.

Comportement : le Manchot de Humboldt est un oiseau partiellement migrateur, qui peut effectuer des déplacements de plusieurs centaines voire milliers (jusqu'à une distance de 35° de latitude) de kilomètres au gré des courants marins. Mais en temps normal, les déplacements sont plus courts : 20 à 35 km, et jusqu'à 72 km en période d'incubation.

1 (3427)Le 27/02/2016.

A l'aide de ses ailes transformées en nageoires, il est capable de plonger jusqu'à 120 mètres de profondeur (habituellement, entre 30 et 60 mètres). En plongée, il peut atteindre 30 km/h et rester 10 minutes en apnée. Il peut aussi "voler" dans l'eau, ce comportement peut se voir aisément à Beauval.

Avant de partir à la recherche de nourriture, le Manchot de Humboldt s'imprègne le plumage avec une huile produite par ses glandes

Il repère son alimentation à la vue, la durée des pêches est plus courte pendant les journées lumineuses et plus longues de nuit, la recherche de nourriture étant alors plus difficile. La plupart des pêches se fait durant de courtes plongées à faible profondeur. La durée des pêches est également plus longue pour les oiseaux qui n'ont pas réussi leur reproduction.

Il mue pendant une dizaine de jours, durant cette période il est inapte à la plongée. La période de mue est précédée d'un temps où les oiseaux s'alimentent énormément, peut-être pour supporter la disette forcée qui suit.

Cependant, il marche difficilement à terre et (comme tous les Manchots, il est absolument incapable de voler).

Il a un certain nombre de prédateurs sur terre et sur mer : les Orques, les Léopards de mer (l'un d'entre eux peut engloutir jusqu'à 15 Manchots par jour), les Otaries à fourrure, les Renards, les Pétrels géants, les Caracaras (oiseaux rapaces), les Vautours, les Serpents, les Requins ainsi qu'un certain nombre d'animaux introduits (Rat, Chat, Chien, Hermine, Belette, Fouine...) qui s'en prennent aux oeufs ou aux poussins.

C'est un oiseau sociable et grégaire qui vit en colonies, également appelées "rookeries" (un terme également employé pour les colonies d'Otaries, mais à l'origine utilisé pour désigner les rassemblements de Corbeaux freux, "Rooks" en anglais).

Il utilise un grand nombre de vocalisations pour éloigner les intrus, se signaler entre eux, réclamer de la nourriture (pour les jeunes, vers leurs parents) ou bien attirer un(e) partenaire. Quand la densité de Manchots est élevée à un emplacement donné, les comportements territoriaux sont plus vivaces et les oiseaux plus bruyants.

Alimentation : petits poissons (surtout anchois mais aussi harengs, merlus, chinchards, sardines, orphies, etc...), calmars et krill. Le régime alimentaire peut varier selon les saisons et en fonction des régions.

Reproduction : les Manchots de Humboldt effectuent une parade nuptiale au cours de laquelle les couples, de manière répétée, rapprochent leurs têtes et s'échangent des regards alternativement, lèvent leur tête et rabaissent leur poitrine, battent des ailes et poussent des cris sonores ressemblant aux braiements d'un âne (comportement souvent vu et entendu au Zooparc de Beauval !).

Il nidifie dans une grotte, un trou dans le sable ou dans un rocher voire dans le guano, le nid est sommairement aménagé par le mâle. La reproduction peut avoir lieu toute l'année mais il y a 2 pics bien identifiés (entre mai et juillet, puis de septembre à décembre, avec des différences sensibles d'un bout à l'autre de son aire de répartition, qui ne connaissent pas les mêmes conditions climatiques).

Il y a 1 ou 2 oeufs par couvée, couvés par les deux parents pendant 39 à 43 jours.

Les jeunes sont autonomes et ont leur plumage définitif vers l'âge de 3 mois, la maturité sexuelle a lieu vers 2 ou 3 ans. Comme chez la plupart des Manchots, les jeunes reviennent nidifier dans la colonie où ils sont nés. 

1 (365)Le 14/03/2013.

1 (3104)Le 17/01/2016.

Statut IUCN : vulnérable

Menaces et protection : l'espèce est vulnérable, elle subit de nombreuses menaces à des degrés divers : surpêche, réchauffement et pollution des mers, destruction de son habitat, capture accidentelle dans des filets de pêche, dérangements, espèces invasives et prédatrices, prélèvements à but récréatif, événements climatiques extrêmes (El Niño) et aussi collecte excessive du guano (excréments d'oiseaux de mer, jadis utilisés comme fertilisants). Jadis, elle fut également chassée pour la chair, la peau, la graisse et ses oeufs étaient collectés. En déclin depuis le milieu du 19ème siècle au moins, elle est devenue assez rare, avec un effectif d'environ 32.000 individus matures à l'état sauvage, avec de très fortes fluctuations de ses effectifs.

Le commerce de l'espèce est règlementé (espèce inscrite en annexe I de la CITES) ; l'espèce est protégée par les lois péruviennes et chiliennes, ainsi que ses sites de reproduction dont certains sont gardés et surveillés. Plusieurs réserves instituées au Pérou et au Chili protègent son habitat de nidification et d'alimentation, et des mesures d'éradication des espèces invasives (rongeurs et lapins) ont été réalisées.

L'observation de cette espèce donne lieu à des séjours écotouristiques qui incitent les populations locales à la préservation de l'espèce.

Un programme d'élevage en captivité et de réintroduction est mené avec succès par le Zoo de Santiago (Chili) ; en Europe, 149 zoos présentent et élèvent l'espèce, dont 12 en France (source : Zootierliste, juill. 2020).

Le Zooparc de Beauval a soutenu, par un appui financier et technique, un projet de protection d'une réserve de Manchots au Pérou, la réserve de Punta San Juan : ce programme était basé sur l'exploitation soutenable du guano par les populations locales et la sensibilisation du public à la protection de l'espèce.

1 (15117)Le 13/01/2019.

Au Zooparc de Beauval : depuis 2007, un grand groupe dispose d'un bassin surmonté d'un enclos pentu, de nombreux terriers et des boîtes y ont été aménagés afin de faciliter leur nidification. Reproduction : oui (en moyenne une vingtaine de jeunes chaque année), par exemple :

  • 7 en 2013 (source : Zootierliste)
  • 7 en 2014 (source : Zootierliste)
  • 22 durant la saison 2015-2016 ;
  • 23 début 2017 ;
  • 11 en début d'hiver 2017-2018 ;
  • 1 le 15/02/2018, 1 le 17/02/2018, 1 le 05/04/2018, 1 le 10/04/2018, 1 autre au printemps 2018, 1 le 28/06/2018, 2 dans l'automne 2018, 1 le 12/12/2018 ;
  • 11 en mai 2019 ;
  • 9 en fin d'automne 2019 ;
  • 10 au printemps 2020.

Evidemment, les transferts avec d'autres parcs zoologiques ne sont pas rares pour éviter la consanguinité, par exemple :

  • 24 Manchots (10 mâles et 14 femelles) ont été transférés au Zoo d'Emmen (Pays-Bas) au début de l'année 2019 ;
  • 2 mâles et 3 femelles transférés au Zoo d'Hoyerswerda (Allemagne), 1 mâle et 2 femelles au Zoo de Kosice (Slovaquie) et 4 femelles au Parco Faunistico Le Cornelle (Italie) en fin de printemps 2020.

Le savez-vous ?

  • Le Manchot de Humboldt doit son nom à Alexander Von Humboldt (1769-1859), explorateur et naturaliste allemand qui visita - entre autres - l'Amérique du Sud ;
  • Dans son habitat naturel, son existence dépend d'un courant froid dit le courant... de Humboldt, qui remonte le long de la côte Ouest de l'Amérique du Sud depuis l'Antarctique jusqu'à la latitude de l'Equateur ; certaines de ses colonies sont localisées dans des milieux très hostiles, parmi lesquels le désert d'Atacama hyperaride et aux températures extrêmes ;
  • il a quelques cousins proches sur les côtes d'Amérique du Sud, le Manchot de Magellan surtout présent du côté atlantique (mais qui partage quelques colonies avec lui au Sud du Chili), et le Manchot des Galapagos dans les îles du même nom; le Manchot du Cap sud-africain est assez proche de lui ;
  • les taches noires qui sont disséminées sur son ventre et sa poitrine varient d'un individu à un autre, et leur servent de système de reconnaissance visuelle !
  • Un poussin Manchot de Humboldt peut mettre jusqu'à 3 jours pour sortir de son oeuf ;
  • Plusieurs zoos (dont celui de Beauval !) ont vu des couples homosexuels se former chez cette espèce, et même couver des oeufs abandonnés par leurs parents biologiques (curieusement, l'on attribue aussi à l'explorateur Humboldt des liaisons homosexuelles...) ;
  • Au Japon, un Manchot de Humboldt échappé d'un parc aquatique a vécu 82 jours à l'état libre dans la baie de Tokyo avant d'être repêché (en bonne santé) par les gardiens.
  • un autre représentant de cette espèce a été trouvé... en Alaska, mais il est probable qu'il n'y soit pas arrivé par ses propres moyens, et qu'il ait voyagé sur un bateau depuis l'Amérique du Sud (transporté volontairement par les marins ou bien en tant que "passager clandestin").
  • la langue du Manchot de Humboldt est dotée d'épines qui lui permettent de saisir ses proies ;
  • les Péruviens le nomment "pajaro-niño" soit littéralement "l'oiseau-bébé" à cause de sa taille et de son allure qui rappellent la démarche d'un jeune enfant.

1 (2114)Le 21/02/2015.