1 (78)Le 24/01/2013.

Nom scientifique : Grus vipio (= Antigone vipio)

Classe : Oiseaux

Ordre : Gruiformes

Famille : Gruidés

Description : Grue au plumage à dominante gris ardoise chez l'adulte, rémiges et couvertures primaires noirâtres, petites et moyennes couvertures blanc grisâtre de même que la queue. Bande verticale blanche très visible qui part de l'arrière de la calotte et descend jusque sur le dos le long du cou ; menton et gorge blancs. Peau nue de la face rouge vif, autour de chaque oeil. Couverture auriculaire grise. Yeux rouge orangé, bec de couleur corne, longues pattes rosâtres. Le plumage du mâle et de la femelle sont identiques, le premier est un peu plus grand que sa compagne.

1 (8543)Détail du plumage d'une Grue à cou blanc, le 16/07/2017.

Longueur : 112 à 125 cm.

Hauteur : 1,3 m.

Envergure : 200 à 238 cm.

Poids : 4,75 à 7,1 kg.

Durée de vie : 40 ans.

Aire de répartition : elle niche en Extrême-Orient (Est de la Mongolie, Nord-Est de la Chine et Mandchourie russe), mais passe l'hiver dans des régions moins froides : la vallée du Yangtsé en Chine, l'île de Kyushu au Japon et même la zone dite "démilitarisée" qui sépare les deux Corées. Elle peut occasionnellement atteindre le Kazakhstan à l'Ouest et Taïwan à l'Est.

1 (6071)Le 15/01/2017.

Habitat : marais herbeux et roselières en période de reproduction ; lacs, jachères, rizières et champs cultivés en hiver.

Comportement : sa trachée lui permet de crier extrêmement fort (comme toutes les autres grues). C'est un oiseau migrateur qui vole en utilisant les courants thermiques.

Elle commence son vol en courant au sol, face au vent ; elle gagne de la vitesse en très peu de temps et s'élève dans les airs en se propulsant de ses larges ailes. Les vols de grues utilisent les courants thermiques et ont une formation en "V". Avant de se poser, elle s'approche du sol les ailes et la queue déployées. Elle se pose debout.

La Grue à cou blanc est très sociable, surtout en période d'hivernage ou en migration, au cours desquelles elle se mêle aux autres espèces de grues qui peuplent l'Extrême-Orient : Grue du Japon, Grue moine, Grue demoiselle et Grue cendrée en particulier.

Alimentation : omnivore, se nourrit de plantes, de racines, de graines, de tubercules, d'insectes, d'amphibiens, de rongeurs, etc...

1 (298)Le 14/03/2013.

Reproduction : pendant la parade amoureuse, le couple danse et émet des cris à l'unisson, la tête et le bec dirigés vers le ciel.

La ponte a lieu en avril ou mai sur un nid rudimentaire (simple tas de végétation, dans un marais ou une prairie humide), la femelle pond 2 ou 3 oeufs que les parents couvent tous les deux, pendant 28 à 32 jours. Le nid est vigoureusement défendu contre les intrus (surtout par le mâle).

Les poussins naissent couverts d'un duvet brun jaunâtre, et revêtent leurs premières vraies plumes 70 à 75 jours après l'éclosion, âge où ils peuvent voler.

La maturité sexuelle est atteinte à 2 ou 3 ans.

Statut IUCN : vulnérable

Menaces et protection : menacée par la destruction de son habitat, les dérangements, les catastrophes naturelles (de type feu de steppe ou de forêt) et climatiques (sécheresse) ainsi que la chasse, l'espèce est devenue rare, avec un effectif d'environ 6.000 individus à l'état sauvage.

Le commerce international des Grues à cou blanc est interdit par la Convention de Washington ou CITES.

Les Grues à cou blanc bénéficient aussi de plusieurs réserves instituées dans les pays où elle vit, et d'une reconnaissance certaine de la part de plusieurs nations. 101 parcs zoologiques européens en ont (source : Zootierliste, données d'août 2021) dont 11 parcs français.

Les Sud-Coréens la considèrent comme un "monument naturel national" ; au Japon, de la nourriture est distribuée dans les champs où elle passe l'hiver (ce qui a permis une hausse de la population hivernante dans ce pays), et en Russie, il existe un programme de réintroduction dans la nature à partir d'oeufs pondus dans des zoos... américains.

Au Zooparc de Beauval : depuis 2010, un couple vit dans la plaine asiatique, en cohabitation avec (entre autres) des Tapirs malais, des Muntjacs de Reeves et des Cerfs-cochons.  Au moins 2 individus participent au spectacle d'oiseaux "Les Maîtres des Airs" depuis 2015. Entre la fin des années 2000 et le début de 2016, un autre couple était maintenu dans un petit enclos proche de l'entrée, qui a ensuite été occupé par des Fourmiliers géants ou Tamanoirs, puis par d'autres espèces de Grues (dont, dans l'hiver 2017-2018, 2 jeunes Grues à cou blanc écloses en 2017, voir ci-dessous). Reproduction : oui :

  • poussins en nurserie en 2015 ;
  • 1 poussin (dans l'enclos des Tapirs et cervidés) au printemps 2016 ;
  • 2 (dans l'enclos des Tapirs et cervidés) au printemps 2017.

Le savez-vous ?

  • Cette grue arrive très tôt sur ses lieux de reproduction, alors que le sol est souvent enneigé et que la température peut atteindre -20°C. A la fin de l'été, elle change tout son plumage ; elle est alors dans l'incapacité de voler.
  • La danse des grues lors de la parade amoureuse est célèbre, pourtant cette chorégraphie ne sert pas qu'à séduire : toutes les générations, même les plus jeunes, s'engagent dans les danses, ce qui sert à soulager les tensions et à contrecarrer les agressions.
  • Les Grues à cou blanc disposent d'une assez grande diversité de cris, dont la plupart sont très sonores. Le plus célèbre est une sorte de duo à l'unisson (cf. parade amoureuse), mais il y a aussi des ronronnements (cris de contact), des grognements ou hurlements (cris de détresse), des plaintes (cris de localisation), des appels stridents (à l'envol), des cris précipités (alarmes) et des appels répétés (surveillance ou signal sonore en vol).
  • La diversité vocale des cris et appels de ces Grues leur est permise par la disposition enroulée de la trachée qui fusionne avec le bréchet, ainsi que du larynx qui leur sert de "caisse de résonance".