1 (752)JAMBI, le 19/04/2013.

Nom scientifique : Panthera tigris sumatrae (P. t. sondaica)

Classe : Mammifères

Ordre : Carnivores

Famille : Félidés

1 (3674)ASU, le 10/04/2016.

Description : tigre de petite taille, au pelage rouge-orangé foncé et aux rayures noires nombreuses et épaisses, tendant à finir en taches. Ses poils forment une sorte de crinière et de collier sur le cou et les joues, très marqué chez le mâle.

Longueur (corps) : 220 à 255 cm (mâle) ; 215 à 230 cm (femelle).

Poids : 100 à 140 kg (mâle) ; 75 à 110 kg (femelle).

Durée de vie : 18 à 25 ans.

1 (2470)JAMBI, Tigresse de Sumatra, le 07/06/2015.

Aire de répartition : île de Sumatra (Indonésie).

Habitat : forêts de basse altitude et de montagne, depuis le niveau de la mer jusqu'à 3.200 mètres d'altitude.

Comportement : sa petite taille lui permet de se déplacer facilement dans les forêts épaisses et d'attaquer ses proies par surprise. C'est aussi un excellent nageur, capable de parcourir jusqu'à 29 kilomètres à la nage.

Il vit solitaire. Le territoire d'un mâle recouvre ceux de 3 ou 4 femelles. Le mâle marque son territoire avec de l'urine ou d'autres signaux tels que des stries sur les arbres.

Alimentation : surtout ongulés (Sangliers, Tapirs malais, Cerfs sambars et muntjacs, Chevrotains), mais parfois aussi d'autres animaux : oiseaux sauvages (dont le Faisan argus) et volailles, singes (Macaque à queue de cochon), Porcs-épics malais, souris et même poissons. Il leur arrive de capturer des Orangs-outans mais cela reste rare (ces primates passant très peu de temps à terre).

Reproduction : après une gestation de 3 à 4 mois, la femelle donne naissance à une portée comprenant jusqu'à 5 petits (3 en moyenne). Les tigreaux sont allaités dans les 2 premiers mois de leur vie, puis ils mangent de la viande que leur mère leur rapporte. Ils sont autonomes à 1 an et demi.

Statut IUCN : en danger critique d'extinction

1 (5560)TANGSE ou MASAT, le 15/01/2017.

Menaces et protection : l'espèce est très rare et en danger, avec un effectif estimé entre 441 et 679 individus répartis en populations fragmentées et tendant à la baisse (l'effectif était estimé à environ 1 millier en 1978). Elle est particulièrement menacée par le développement agricole empiétant sur les forêts (et leur remplacement par des plantations commerciales telles que le palmier à huile, le caoutchouc, l'acacia), le braconnage et le trafic, la diminution des proies et les conflits avec les villageois (des attaques mortelles des tigres sur les humains ont occasionnellement lieu).

Les plus grandes populations survivantes se trouvent dans des parcs nationaux (Kerinci Seblat, Gunung Leuser, Tesso Nilo, Way Kambas, Batu Nanggar) et des réserves. Des mesures de protection de ces habitats sont entreprises par les autorités indonésiennes, des concessionnaires forestiers et des entreprises privées, qui ont lancé la fondation du sanctuaire Senepis Buluhaha sur 106.000 hectares ou encore celle du Tambling Wildlife Nature Conservation sur 110.000 hectares. Outre les Tigres, les parcs et réserves aident aussi à la préservation d'autres espèces de la biodiversité indonésienne, incluant d'autres espèces rares et charismatiques comme les Orangs-outans, les Eléphants et les Rhinocéros.

Le gouvernement indonésien participe également à des programmes de conservation de cet animal avec des zoos tel le Taman Safari et l'Australia Zoo (comprenant des actions de protection des forêts, des efforts pour réduire les conflits entre les tigres et les hommes, ainsi que la réhabilitation et la réintroduction de tigres captifs dans le milieu naturel). Le Taman Safari dispose aussi d'une banque de sperme, unique au monde. Les naissances de Tigres de Sumatra ne sont pas rares dans les zoos (y compris celui de Beauval !) et s'y reproduisent très régulièrement.

Le Tigre de Sumatra est classé à l'annexe I de la Convention de Washington (CITES), ce qui signifie que son commerce international (incluant les animaux vivants mais aussi tout ou partie des dépouilles, peaux, os, etc...) est rigoureusement interdit. Sur le territoire indonésien, le braconnage est puni de prison ou de lourdes amendes.

La protection du Tigre de Sumatra passe également par la résolution des conflits avec les communautés humaines locales (dans le cas où des félins s'attaquent au bétail ou aux humains), par un contrôle des conditions de production de l'huile de palme et des bois exotiques, et aussi par la recherche sur les exigences écologiques de l'espèce (par exemple pour identifier les corridors essentiels aux déplacements des félins entre les grands massifs forestiers, et dont la protection doit être prioritaire).

L'Indonésie s'est engagée à réduire la déforestation sur son territoire, incluant les zones les plus sensibles comme l'île de Sumatra où la pression de colonisation est la plus forte et également, aux côtés de 12 autres pays d'Asie, à doubler le nombre de Tigres à l'état sauvage d'ici 2020 : 210 millions de dollars ont été investis dans les 10 dernières années en Indonésie aux fins de permettre l'application de la loi (répression du braconnage, de la déforestation illicite).

Au Zooparc de Beauval : un couple (le mâle s'appelle ASU et la femelle JAMBI) est présenté dans un enclos de la fauverie depuis 2011 ; une femelle seule et âgée (MUSI) avait été présentée en 2008-2009, en cohabitation avec un Tigre blanc, mais elle est décédée rapidement. Reproduction : oui :

  • 3 jeunes nés le 18/05/2014 (les mâles KASIH et BATAK et la femelle TERIMA), transférés durant l'année 2015 dans d'autres zoos européens ;
  • 2 mâles (TANGSE et MASAT) nés le 12/12/2015, et transférés dans d'autres zoos au printemps 2017.

1 (5177)TANGSE et MASAT, le 27/11/2016.

Le savez-vous ?

  • le Tigre de Sumatra est actuellement l'unique tigre vivant dans les îles de la Sonde, depuis l'extinction des Tigres de Bali et de Java dans le courant du 20ème siècle. D'après des analyses génétiques récentes, il semble que les Tigres (vivants ou disparus) de l'archipel indonésien ont un génome nettement différent des Tigres d'Asie continentale, et certains zoologistes proposent d'ériger un statut de sous-espèce (voire d'espèce à part entière) pour cet animal ; la séparation entre les Tigres insulaires et leurs cousins continentaux a eu lieu il y a environ 10.000 ans à la fin de la dernière ère glaciaire (remontée du niveau des mers) ;
  • c'est la plus petite sous-espèce de Tigre actuellement vivante ;
  • ses pattes sont toutefois très puissantes, capables de briser un fémur de cheval ou de buffle ;
  • par ailleurs les pattes sont légèrement palmées, ce qui lui permet de nager plus facilement et d'y poursuivre ses proies ;
  • un Tigre peut courir jusqu'à 96 km/h en pointe, mais il ne le fait que rarement (surtout la sous-espèce de Sumatra, qui vit dans un environnement forestier et humide peu propice à la course).